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Nightfall On Fëalarte

Venez parler de tout (en évitant de trop flooder ;-))

Unread post Post #16 by Hayastan » 03 March 2008, 13:28

Chapitre 14 (Sraima Tejos)

Fëanor se leva, ôta sa broigne et montra son bras gauche à Necia. Il portait un sceau inconnu. Ce n'était pas celui de Fëalarte, ni de Noldegor, ni d'Arjëate, ni d'aucune autre ville. Il représentait un faucon passant au travers d'une chute d'eau, gravé à l'encre rouge.
-Ce signe, est celui de Sraima Tejos. Mon histoire remonte à l'année deux mil six cent quatre, alors que je n'étais qu'un enfant. Je vivais avec Valinor, à l'époque. Pour des raisons que j'ignore encor en ce jour, je parlais couramment le Blindaugen. Je fredonnai souvent de vieux chants dans ce langage. Cela me plaisait, m'apaisait. Un jour, Arjavh, qui lui aussi était bien plus jeune, est venu à moi. Il m'a expliqué que son père, le seigneur Thorin, avait le contrôle des Red fields of none, terres que je croyais abandonnées ; ainsi que de Melnibon, là où était située leur capitale d'antan, Thorbâgon, que l'on connaît aujourd'hui sous le nom d'Elirate. C'est ainsi qu'il m'entraîna dans les montagnes, les Schwurgebirge(1), et nous y vîmes un lieu magnifique. Un lac, clair, d'une onde pure et turquoise, bordé par une forêt. Nous y trouvâmes une stèle de corindon. Je lui appris que Valinor avait clamé "la fausse âme" hymne avalonnais. Nous le reformulâmes et le gravâmes. Puis, à l'aide d'incantations, nous scellâmes le Serment, et laissâmes a découvert quelques vers seulement. Puis, nous fûmes à la forge de Valirate(2) ; et tous deux, combinant nos propensions magiques, choisîmes trois Aveugles et forgeâmes les trois Silmarils, ainsi que les joyaux démontrant les liens. Ces trois Aveugles, nous leur donnâmes le pouvoir de contrôler le Cercle. Par la suite, nous retournâmes de nouveau au Serment, et nous tombâmes sur une faille, dans la montagne. Nous pénétrâmes dans un corridor, et arrivâmes dans les catacombes de Neverland. Et là, un magnifique spectacle s'offrit à nous... Une ville se dressait dans les souterrains. Oui, une ville! Ses habitants... Ce sont les morts ressuscités. C'est comme... comme un lieu de passage... Ils attendent qu'on viennent les ressusciter. Qu'on invoque leurs âmes. Des dieux, des Mages, des hommes ayant déjà testé l'immortalité... Un homme peut devenir immortel, certes ; nonobstant il peut se faire tuer quand même! Les habitants de cette ville ont rédigé d'anciens serments, et nous les ont confiés. Arjavh avait prévu la destruction de notre système solaire. C'est ainsi que nous rédigeâmes ce Serment, comme une sorte de prophétie, afin d'apporter une protection à Neverland. Quelle prévoyance! Par la suite, Arjavh a succédé à son père, qui ne souhaitait plus gouverner ; Elric s'est emparé de Melnibon en 3827 ; et je fus confié à Noldor. Je m'échappai afin de fonder Fëalarte. Puis, Arjavh et moi-même créâmes chacun un passage vers Sraima Tejos et, une fois revenus en ces lieux, nous conçûmes une salle secrète, un mur masquant la salle, se dressant au milieu du Vide. Et, dans cette salle, nous y plaçâmes un Sablier. Récemment, nous y fûmes de nouveau. Et nous retournâmes le Sablier. Des Otherlanders ont à accomplir ce Serment, et ils n'ont que dix périodes pour ce faire. Sans quoi Neverland ne pourra être protégé de la Destruction. Il y a autre chose : les habitants des catacombes ne laissent entrer aucun vivant, fors Arjavh et moi-même ; à moins que nous l'accompagnions. C'est ainsi qu'Erekse a pénétré en ces lieux, en trouvant le Serment Caché. Les non-vivants lui ont provoqué des visions, l'ont rendu fou. C'est pourquoi il a falsifié l'Histoire. Il avait été humilié, et ainsi ses actes et sa félonie se justifient.

Necia cilla, se leva à son tour, et siffla :
-Un monde souterrain...? Tu veux dire... des morts...?
-Tous les morts passibles d'être ressuscités.
-C'est pas possible... Alors c'est pour ça qu'Erekse est si méfiant!
-En effet.
Necia se plongea dans ses pensées, et suivit :
-Beren... Tu l'as entraîné dans cette histoire, n'est-ce pas?
-Aucun rapport avec Sraima Tejos. Ce ne fut qu'une confrontation entre Gardiens, rien de plus.
Necia s'approcha, caressa le bras gauche de Fëanor et suivit :
-Cette marque... Comment l'as-tu faite?
-Arjavh et moi-même nous la sommes gravée au fer rouge. C'est le sceau qui nous lie à cette ville.
-Fëanor... Quelle est cette histoire de vieux serments?
-Ce sont, tout comme le Serment, des sortes de prophéties. Chaque région a la sienne, ce sont l'équivalent des hymnes nationaux. Et ces vaticinations, j'ai ouï dire qu'elles résidaient également en Otherland. Elles s'accomplissent en ce moment-même... Otherland est voué à sa perte!
-La destruction d'Otherland? Que veux-tu dire?
-A cause de leur surdéveloppement, principalement dans la haute technologie, ils portent leur monde à sa ruine! Ils s'autodétruisent petit à petit. Peu de temps avant la décadence d'Otherland, Arjavh ira sonder chacun d'entre eux, et sera prêt à accueillir tous ceux qui daigneront renoncer à toute leur technologie.
-Des réfugiés...?
-Pour ma part, je ne pense pas que cette idée-là soit la meilleure.
Fëanor jeta un coup d'oeil à l'horloge accrochée sur le mur et enjoignit :
-Allons dormir, il se fait tard.

Rivéda était occupé à organiser les bocaux sur les étagères de son laboratoire. Des bruits de pas retentirent dans la boutique. Une voix hurla. Il laissa tomber un flacon, se dirigea vers le comptoir et s'exclama :
-Erekse!!
-Bonjour, Rivéda.
-Qu'est-ce qui t'amène à Fëalarte à une heure pareille?
-Comment? Tu n'es pas au courant? Que ce scélérat de Fëanor sort...
-... avec ta fille? Oui, je suis au courant. Et alors?
-Comment ça, et alors? C'est de ma fille, qu'il s'agit, pas d'une catin!!
-Fëanor est un type bien, faut pas t'en faire. Je le connais mieux que toi, après tout. Et, à part venir me déranger à zéro heure et soixante minutes, tu voulais quoi d'autre?
-Non, rien...
-Je te comprends, tu sais...
-Comment peux-tu me comprendre? Les femmes, tu les fais davantage fuir qu'autre chose!!
Une ombre se dessina sur le palier. L'autocrate se dressa fièrement devant les deux hommes.
-Rivéda, fais donc convoquer les Sages pour quatre heures ce matin chez moi.
-Bien le bonjour, seigneur Fëanor.
-Oh, Erekse!! Je ne t'avais pas vu ; comment est donc à Erkshator?
-Fëanor... Et tu oses me parler ainsi...
Erekse dégaina Eisengeist, Fëanor sortit Stormbringer. Le choc du fer retentit dans la boutique. Erekse élança sa lame d'acier et frôla son ennemi, qui para le coup.
-Pas de conflits dans ma boutique! s'exclama Rivéda.
Les deux belligérants sortirent. Les autochtones accoururent. Nombre d'entre eux clamaient la victoire de leur seigneur.
-Apal bados drafu!! incanta Fëanor.
Un givre cristallin vint emprisonner Erekse, puis se fendit, provoquant de violentes coupures sur le visage de son assaillant.
-Je te le... déconseille... Fëanor...
-Dayas tejos!! reprit l'autocrate.
Le feu prit Erekse dans un brasier, qui s'estompa incontinent.
-Alors, Erekosë... Tu veux encore jouer?? Tu ne peux me défier, je te l'ai déjà dit... J'ai avec moi la puissance du Blindaugen, et je suis le descendant de Ypsifëara, fondateur de Sraima Tejos!!
-Ypsifëara...? C'est quoi, ces conneries?? Ce n'est qu'une légende!!
-C'est ce qu'on va voir...
Fëanor joignit ses mains, leva Stormbringer et clama :
-Pralaya!!!!
Erekse et Fëanor plongèrent dans le Vide, le Néant. Des traînées sombres sifflèrent, et vinrent ceindre le Gardian, qui regardait autour de lui, les yeux exorbités.
-Fëanor... Que...
-Vacuum, Erekosë. VACUUM!!
Les traînées sombres se rapprochèrent, étranglant quasiment leur cible. En y regardant de plus près, il put réaliser que ce n'étaient que des esprits d'anciens dieux, à mi-chemin entre la Vie et la Mort.
-Arrête. Arrête immédiatement, avec tes illusions futiles!
Erekse en pleurait presque. C'est alors que les iris de Fëanor prirent une teinte coruscante, et qu'il clama d'un ton acrimonieux :
-Le Vacuum, c'est le Vide. Le Vide, c'est le Néant. Et le Néant, c'est l'Oubli. Tel est le pouvoir qui réside dans le sang d'Ypsifëara.
-Alors... Alors c'est vrai... Tu... tu es...
Le Vacuum se dissipa. Ils revinrent dans la rue enneigée de Fëalarte. La foule rassemblée se dispersa peu à peu. Rivéda accourut et clama :
-Que s'est-il passé, enfin??
-Je lui avais déconseillé de m'offenser, après tout!
Fëanor se fut d'un pas altier, et Erekse reconnut :
-C'est bien le fils d'Ypsifëara. Bien, je repars à Erkshator.
Rivéda s'en fut réunir les Sages, et attendit quatre heures.
--
1 -> Montagnes du Serment, en allemand
2 -> Ville industrielle d'Avalon
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Unread post Post #17 by Hayastan » 03 March 2008, 13:28

Chapitre 15 (Retrouvailles)

Arjavh avait entraîné Marjane, Siavash, Akira et le voyageur dans une taverne de Morghetohr, et les avait conduits au fond du bar. Se couvrant la tête avec sa cape de voyage, il siffla :
-Bien, je pense que je peux à présent vous expliquer la raison pour laquelle vous êtes ici.
-Pourquoi vous cachez-vous?
-Je ne veux pas qu'on pense que l'autocrate des Red fields of none picole.
-Très bien, Arjavh ; tu vas tout nous dire, présentement... enjoignit le voyageur.
-Indubitablement... Ces serments-là, ils correspondent à chaque hymne de chaque région de Neverland. Ce sont des prophéties qui sont en train de s'accomplir. Elles s'incrustent les unes dans les autres, afin de former une sorte d'engrenage, dans lequel viendra à son tour se prendre le Serment.
-Mais nous n'avons pas ce Serment.
-Comment? s'indigna Arjavh s'adressant au voyageur. Tu ne leur as rien dit?
-Pas encore... Pas encore...
-Il serait peut-être temps de le leur montrer!!
-Je peux leur dire où donc Arvin les a disséminés...
-C'est cela, oui...
Un autre voyageur vint s'asseoir à leur table, et siffla :
-Silence ; voulez-vous donc ameuter toute la taverne que le seigneur des territoires Erfoniens vient boire un verre avec trois Otherlanders et un voyageur?
-Qui êtes... Attends... Morgoth?? Mais... Que fais-tu ici...?
-Serveur, une bière pour moi! commanda Morgoth. Mets-la en veilleuse, veux-tu?
-Mais enfin, tu te caches dans ta propre ville?
-Je ne veux pas qu'on raconte partout que le roi picole.
-Je te comprends... se rit Arjavh.
-C'est toi, Sammy??
-Salut, Marjane!! Ca faisait longtemps... Alors, qu'est-ce qui vous amène en Neverland?
-Le Serment. Le Serment Caché devant lequel nous a traînés Hawkmoon.
-C'est donc ça... Et... Arjavh, tu as des nouvelles de Necia? Je ne l'ai pas revue depuis qu'elle est partie à Erkshator.
-Oui, elle est très bien!! Elle vit à Arjëate ; Erekse l'a bannie de la famille.
-Comment se fait-il...?
-Elle va bientôt se marier.
-Comment...? Mais... Avec qui...?
-Fëanor, évidemment! lança Arjavh en cillant de l'oeil gauche.
-Fëanor? L'autocrate d'Araman? Le fondateur de la Glorieuse?
-C'est cela même.
-M'enfin, pourquoi c'est toujours moi le dernier à être au courant??
-Une autre bière, Sire Morgoth? clama le serveur depuis le bar.
Morgoth sortit Stahlgeist et grinça :
-Moins fort, veux-tu? Tu veux que tout le monde sache que le roi picole!!
-Je... je suis désolé...
-Bien, c'est pas tout ça mais faut que je vous laisse. Je n'aime pas trop laisser Esrill sans surveillance. Et, j'ai laissé Bedoune au château.
-Tu le salueras!
-C'est cela.

Un homme vêtu d'une broigne rouge vif et d'une cape pourpre couvrant son visage vint s'asseoir à leur table.
-Vous m'avez fait demander?
Le serveur accourut et s'enquit :
-Qu'est-ce que je vous sers?
-Une bière. Et pas un échantillon.
-C'est pas vrai... Fëanor?? s'exclama Marjane.
-La ferme!! Je ne veux pas qu'on discoure que l'autocrate d'Araman picole.
-Mais dites donc, c'est la journée!! Vous êtes le troisième dirigeant à venir trinquer ici et à clamer qu'il "ne faut pas qu'on sache que vous picolez"!! se rit le serveur.
-Et toi, tu vas être le deuxième à qui je vais faire subir une véritable géhenne si tu ne la fermes pas!!
-Alors, c'est vrai que tu t'es battu contre Erekosë? Tu n'as quand même pas utilisé le Vacuum?
-Si, il l'a fait!! tonna une voix.
Hawkmoon se tenait dans l'embrasure de la porte. Il désigna la bière posée devant Fëanor et enjoignit :
-Serveur, la même chose! Moi, au moins, je ne me cache pas ; tout le monde ici sait qu'Erekse, fondateur de la capitale des Red fields of none, se soûle la gueule!!
-Mais enfin, Erekosë ; en voilà des façons!!
S'asseyant, il suivit :
-C'est bon de vous revoir. Et... (Il scruta le voyageur) Quoi? T'es encore là?
-En effet!!
-Comment... Comment...? éructa Erekse.
-Et dire que tu "es très attaché aux bonnes manières"... hâbla l'inconnu.
-Toi, tu...
-Eh bien, je vois qu'on est tous réunis! clama Arjavh. Serveur! Une autre tournée, c'est pour moi. Célébrons ainsi nos retrouvailles!!
-Ouais! A nos retrouvailles!!
-Erekse, tu sors, ordonna Arjavh.
-Pardon?
-Nous avons à nous parler en privé, nous tous. Sauf toi.
Le Gardien sortit, et Fëanor suivit :
-Alors ainsi vous êtes donc au courant pour le Serment... Comme vous le savez, il fut écrit par Arjavh et moi-même. Il fut repris dans les hymnes de Neverland, mais aussi par un Otherlander, dont je n'ai malheureusement jamais entendu parler.
-Hansi Kürsch!! comprit Marjane. C'est Hansi Kürsch!! Le chanteur de Blind Guardian et Demons And Wizards!! La plus belle voix au monde!!!
-Du calme! avisa Akira.
-Ce sont... Ses chansons... Les voilà, vos hymnes!!
-Inspirés de vieux serments...
-M'enfin, que racontez-vous? Tout le monde sait qu'il a écrit ses textes en s'inspirant de livres de fantasy!!
-Et qui lui a inspiré la fantasy?
-Ben, Tolkien, Moorcock, Stephen King, et j'en passe!!
-Je reprends ma question, réitéra Fëanor avec un regard de braise, insinuant ses pensées. D'après toi, qui a inspiré tout cela à Hansi Kürsch?
Et Marjane le comprit.
-Ah, alors...! Non...!!
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Unread post Post #18 by Hayastan » 03 March 2008, 13:29

Chapitre 16 (Duplicité)

Fëanor se fut de Morghetohr vers trois heures quatre-vingt-dix afin de se téléporter vers Fëalarte. Il regagna son manoir, et retrouva les Sages, réunis dans la salle de conférences.
-Bienvenue à tous! Nous sommes le 8/3/3/4628, je vous ai tous convoqués afin que l'on se coltine la gestion du budget du mois prochain, et j'avoue que ça m'emmerde grave, d'autant que je n'excelle point en SLM.
Un rire parcourut la salle. Fëanor reprit ses cédules et suivit :
-Bref, nous avons fait un gain de cinquante mille crystals le mois dernier, ce qui n'est pas négligeable. Terhali, combien nous reste-t-il actuellement dans les caisses?
-Deux cents trente-sept milliards de crystals, annonça fièrement Terhali.
-Eh bien, lorsque j'ai présenté mon projet de renouvellement des infrastructures à l'Etat de Tanelorn soixante ans plus tôt, je me le suis vu refuser car je n'avais pas assez de crystals. Il nous en faut cent dix milliards d'investissements.
-Que va faire Tanelorn afin de refaire les infrastructures?
-Nous allons raser les habitations faites en fer et en bois, afin de construire plus splendide, plus prestigieux et plus solide. Le reste de Neverland n'appellera plus Fëalarte "la Glorieuse" pour rien!
-Bien. Et, côté militaire, vous comptez investir combien? suivit Terhali.
-Etant donné que je forge moi-même les équipements, pas grand-chose. Je pense qu'en main-d'oeuvre et tout le reste nous n'excéderons pas les trois millions de crystals. Cela te convient-il?
-Cela semble idoine.
-Et pour l'éducation? suivit Alanna.
-Je compte l'Institut dans les infrastructures, mais aussi racheter du nouveau matériel. Tu me réclames combien, ce mois-ci?
-Pas moins de vingt-cinq millions.
-M'enfin, tu veux tous nous ruiner?
-Et vous, avec vos infrastructures?
-Bien! Vingt millions, pas une gemme de plus.
-Et pour la science? requit Rivéda.
-Nous avons un ministère des Sciences, maintenant?
-C'est moi.
-Rivéda, tu es déjà vice-autocrate, que demander de plus? Personne ne compte me saigner davantage? Alors vous pouvez partir.
Les Sages ne se firent pas prier.

Retournant aux cuisines, il se fit rôtir un agneau de son élevage personnel. Il n'avait pas d'autre choix que de faire toutes les corvées ménagères par lui-même à présent que Corum n'était plus. Après tout, cela n'était pas si mal...
"Si Necia me voyait...!"
Il eut un rire, et se dépêcha de manger. Il jeta son assiette dans le grand évier, remonta dans sa chambre. Lorsqu'il ouvrit la porte, il se rendit compte qu'il n'était pas seul...
-J'ignorais que tu savais cuisiner...
-M'enfin, que fais-tu encore ici? Tu n'as nulle part où dormir?
-Non, simplement...
-Que fiches-tu ici, Alanna? Tu n'as rien à y faire!!
-Oh, je ne pense pas...
Elle se leva et effleura le beau visage de Fëanor. Elle passa la main dans ses longs cheveux d'ébène.
"C'est vrai qu'elle non plus n'était pas mal..."
"Mais enfin, à quoi penses-tu?"
"Bah, après tout je ne fais rien de mal"
"Et Necia, alors? Tu l'aimes, oui ou non?"
"Ouais, et alors?"
"M'enfin, vous allez vous marier, et toi tu vas courir les jupons!"
Alors que ce dilemme se jouait dans son esprit, Alanna l'agrippa et l'embrassa impétueusement. Fëanor tenta de la refouler mais elle tint bon. Au bout d'un moment, il finit par cracher :
-Qu'est-ce qu'il te prend? Ignores-tu que...
Elle ne l'écouta pas et l'embrassa de plus belle. Elle savait parfaitement ce qu'il allait dire. Mais elle ne voulait pas l'entendre.
-Tu es complètement dégénérée!!
-Pourquoi ne pas tenter le coup? Juste...
"Bon, okay... Elle est séduisante, et elle, au moins, c'est une vraie femme, alors que Necia sort à peine de l'adolescence..."
-Juste tenter...
Et Fëanor l'embrassa à son tour. Il la prit par la main, puis ils sortirent de la cité, longeant la plaine enneigée étincelante. Ils s'arrêtèrent et s'assirent au bord de l'Arâyab.
-Tu n'as jamais songé à stopper ce gel?
-Je ne sais pas... C'est le pouvoir des Aveugles, je ne peux les surpasser.
Alanna avait une très longue chevelure châtain clair, le teint pâle, typique des femmes d'Araman, et de petits yeux noirs, qui lui rappelaient méchamment ceux de Noldor. Necia, elle, avait les cheveux bien moins longs oscillant entre le blond et l'auburn, de grands yeux émeraudes, et la peau bronzée, typique des territoires Erfoniens.
-Je ne sais pas si cela vaut la peine de changer le climat, reprit l'autocrate. Le crépuscule est si magnifique, avec tous ces reflets! Je ne veux pas gâcher tout cela...
-C'est vrai que c'est beau!
"Si Necia... non, il ne faut plus que je pense à elle...", songea Fëanor, alors qu'il retenait Alanna entre ses bras.
Ils passèrent la matinée ainsi, puis Fëanor rentra, sous prétexte de travailler à sa forge. Tandis qu'il frappait le metal ardent, il spécula sur les heures précédentes. A quoi jouait-il? aurait dit Arjavh. Mais bon... Tant que ni lui, ni Erekse, ni Necia ne l'apprenaient...
Alanna rentra à son tour à Fëalarte. Rivéda la coinça sur le chemin du retour et siffla :
-Faut qu'on parle, toi et moi...
-Mais enfin, lâche-moi!!
-Je ne crois pas, non...
Rivéda la traîna jusqu'à sa boutique, dans son laboratoire, et grinça :
-Non mais tu n'as pas honte?? Affrioler Fëanor!! Décidément j'aurai tout vu!
-En quoi ça te regarde?
-Fais gaffe, Alanna ; fais bien gaffe. Tu sais qu'il est déjà avec Necia? Tu sais qu'ils vont se marier? Comment oses-tu...? Fais gaffe ; arrête ton petit jeu de suite!!
-Sinon, tu feras quoi?
-C'est bien simple, je dirai tout à Erekse, qui le racontera à Necia, qui en souffrira, et Arjavh le verra, et il rappliquera ici et te massacrera sur-le-champ!!
-Oh, tu te fais du souci pour moi?
-Ce n'était pas du tourment, c'était de l'extorsion.
-A quoi bon?
Alanna s'extirpa et partit. Rivéda la prévint :
-Tu extravagues bien trop... Fais gaffe...
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Unread post Post #19 by Hayastan » 03 March 2008, 13:30

Chapitre 17 (Au tréfonds des catacombes)

Fëanor incanta "tejos argejas" et une étincelle lumineuse apparut entre ses mains. Il se dirigea ainsi dans les corridors plongeant au creux des excavations de Neverland. Arrivé à un croisement, il emprunta un couloir entièrement recouvert de fresques antiques. Il suivit le couloir qui s'enfonçait de plus en plus profondément, avant de remonter en pente douce. Il émergea ainsi sur une sorte de forum.
Des formes se mouvaient autour de lui. Des hommes. Ils étaient de consistance solide. Ils en paraissaient presque réels. Le piège était justement qu'il ne fallait pas s'y fier. L'un d'entre eux s'avança vers l'autocrate.
Il avait des cheveux bruns coupés courts, des yeux rubiconds, et était plutôt grand de taille.
"Révèle donc ton signe" siffla l'arrivant.
Fëanor releva la manche de sa broigne, et l'homme aux yeux rubiconds le frôla.
"Quelle est donc ta requête?"
-Ypsifëara, Seigneur aux yeux cramoisis, mon père de feu et de sang... Ce que je viens requérir auprès de vous en ce jour n'est que...
Sa voix s'éteignit brusquement, alors que Ypsifëara siffla :
"Je ne serai imprécatoire avec toi, Fëanor. Dis-moi donc ce que tu souhaites. Tu sais parfaitement que cela va finir par énerver les âmes de Sraima Tejos!"
-Je veux... seulement...
Fëanor s'était mis à genoux, les yeux ruisselant de larmes. Il avait à présent ce regard implorant, que très peu de gens lui connaissaient.
-Valinor... Je... Il faut que... je lui parle...!
"Valinor... Ce grand guerrier d'Avalon occis par ce traître de Noldor?"
-Celui à qui tu m'as si lâchement abandonné!!
Une onde se propagea, et Valinor surgit à ses côtés.
"Seigneur Ypsifëara, vous m'avez fait demander?"
"Une de tes connaissances..."
Valinor posa alors son regard sur le Forgeron.
"Fëanor!! Tu sais ce qu'il en coûte de rendre visite aux morts??"
-Je... je le sais... Valinor... Mais il faut...
"Viens là, on va chez moi."
Valinor le mena à travers la ville jusqu'à une petite maison isolée. Il poussa la porte et entra.
"Tu as bien de la chance que Cassandra ne soit pas là."
-Valinor...
L'ex-Chef de guerre le prit dans ses bras, et suivit :
"Eh bien, que t'arrive-t-il?"
-Je... je ne pourrai continuer de vivre sans... sans que tu ne m'accordes ta clémence. Tu... tu es mort durant la guerre... Et moi, la dernière chose que je t'ai dite, c'est que je ne voulais pas te revoir, pour... ta veulerie... et... et...
"C'est bon, n'en parlons plus. Après tout, ce qui est dit est dit. Et puis, je suis mort!"
-Je voudrais tellement...
"Je sais parfaitement que tu es affligé."
-Valinor...
"Mais ce n'est pas là ton unique souci, je me trompe?"
-Non... En effet... Ce qui se passe, c'est que je sors avec Necia, la fille d'Erekse.
"Voila enfin une bonne chose!"
-Je l'ai demandée en mariage.
"Et c'est là ton problème?"
-Mais pas du tout! Simplement... Ce matin, je me suis laissé séduire par Alanna.
"Si je comprends bien, tu trompes Necia avec Alanna..."
-Et je ne sais plus quoi faire!! Oh, Valinor ; que ferais-tu à ma place?
"Et si tu cessais de voir Alanna, tout uniment?"
-Je ne sais pas...
"M'enfin, Fëanor, ça t'arrive deux secondes de réfléchir?"
-Bien...
"Et ton histoire de Serment, hein? Ce que tu as fait avec Arjavh... Sales gosses... On pouvait pas vous laisser deux secondes sans surveillance!!" se rit Valinor.
-Justement, il est en train de s'accomplir. Si tout se passe bien, Neverland sera protégé de tout, et même de l'explosion du Soleil!!
"Fais gaffe, Fëanor... Un serment ne peut être rompu, certes ; mais il est toujours un danger dans ce genre de choses."
-Alors... Je m'en vais...
"Tu reviendras?"
-Je ne pense pas... Tu sais comment c'est...
"Rendre visite aux morts est bien audacieux, comme acte... Au revoir, Fëanor... Fais attention à toi!"
-Au revoir, Valinor.

Fëanor se rendit de nouveau au forum, et y retrouva Ypsifëara.
"Alors, tu as parlé à Valinor?"
-Pourquoi m'as-tu abandonné?
La mine du seigneur aux yeux cramoisis se figea.
"Ne rejette pas la faute sur moi, veux-tu? J'ai péri lors de la Guerre. Tu étais à peine né. Ta mère, Yildanha, ne voulait pas d'un tel fardeau à elle seule. C'est ainsi qu'elle plaçât sa confiance en Valinor, avant de se suicider."
-Abandonner son propre fils et s'ôter la vie ensuite? Veulerie!! Opprobre et acrimonies!!
Fëanor cracha ainsi tout le ressentiment qu'il avait accumulé depuis tout ce temps, éploré devant son père.
"Et voilà, Fëanor ; je ne sais même plus quoi te dire."
-Et toi, tu es mort déplorablement!! Si c'est bien de cette Guerre que tu parles...
"Oui, c'est bien de celle-là. Pas la Guerre du Cercle de 4628, non... La Guerre des Dieux et des Aveugles. Celle de 1966. Il y a très longtemps..."
-Comment ont-ils fait pour t'occire, toi, le guerrier Invincible, détenteur du pouvoir du Blindaugen et du Pralaya?
"Beren et Noldor avaient combiné leurs forces. Et c'est d'ailleurs pour cela que Noldor te voulait : il voulait d'abord te mettre à l'épreuve, puis t'occire afin d'anéantir toute notre dynastie."
-Ca n'arrivera pas. Beren est mort, Noldor est mort.
"Ce sont des Mages."
-Ouais! Et alors?
"Alors... Comment se fait-il qu'ils aient mystérieusement disparu de la circulation, tout d'un coup?"
-Que veux-tu dire? Qu'ils ne sont plus à Sraima Tejos?
Ypsifëara acquiesça d'un air abscons.
-Alors ça veut dire... Oh, non!! C'est cela même qu'Arjavh m'a...
"Tu n'es pas à l'abri, Fëanor."
Puis, se forçant à sourire, il suivit :
"Tu ne rappelais à personne Yildanha ; nonobstant, tu as hérité de tous mes traits. Tu es encore plus beau que je ne l'étais, certes, mais tu es aussi avisé et subtil. Tu as ma dextérité, ma force, mon aisance au combat, tu es doué pour l'éloquence et médiocre en supputations, tu sais t'imposer, tu as le pouvoir, et tu as ma volonté. Tu es véloce, vénérable ; mais surtout, impavide, fier et présomptueux. Va, maintenant. Si tu restes trop longtemps, tu sais ce qui t'attend..."
-Jusqu'au revoir, père...
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Unread post Post #20 by Hayastan » 03 March 2008, 13:30

Chapitre 18 (Quêtes)

Arjavh les avait téléportés à Arjëate à dix heures tapantes, après leur avoir expliqué qu'Hawkmoon avait, une fois de plus, menti en disant qu'Erkshator était la seule et unique ville des Red fields of none. Ils étaient présentement dans la salle de réunion. L'autocrate Erfonien reprit les serments, et leur annonça :
-A travers tout cela, vous avez vos quêtes. Mais, tout d'abord, vous devez retrouver le Serment disséminé. Sinon, vous ne l'entendrez pas.
-Et... Quoi, c'est tout?
-Je pense qu'il faut les mettre au courant, intervint Fëanor.
-Au courant de quoi?
-Fëanor et moi-même avons démarré un Sablier, qui indique que le temps vous est compté. Il ne vous reste que sept périodes pour accomplir le Serment.
-Sept périodes?
-Voyons voir... Ca fait...
-Dix semaines, en conclut Marjane.
-M'enfin, nous n'aurons jamais le temps!!
-Il le faudra bien, pourtant...
-Je peux vous dire où et à qui Arvin a confié les serments, reprit l'inconnu.
Il requit une carte de l'Iran, une autre de Neverland et suivit :
-Les serments sont au nombre de onze. L'un d'entre eux est détenu par Marjane, l'autre par Siavash. Fëanor et Arjavh en détiennent chacun une partie également. Voyons voir... Après, vous en avez un dans son ancien appartement à Ispahan et un autre à Cairns, un autre là, à Karaj, faudra trouver. Et là, à Elam, dans les ruines, vous en trouverez deux. Après, Ilian en a un, en Tanelorn ; et Rivéda un autre, à Fëalarte. Voilà.
-Comment... comment le savez-vous?
-Bien, il est à présent temps pour moi de vous laisser.
Le voyageur se dissipa, laissant un doute indubitable derrière lui.
-Nous allons vous passer nos parties, siffla Fëanor. Par la suite, je vous conseille de commencer à chercher en Neverland, car les journées sont plus longues. Après, vous n'aurez pas de temps à perdre une fois que vous serez en Otherland. Là-bas, le temps passe bien trop vite!
-Alors, tenez.
Arjavh et Fëanor leur tendirent les deux bouts de papier.
-La vésanie se lit dans mes yeux, belligérant doté d'une grande sagesse, lut Marjane. Et toi, Siavash, tu as quoi?
-De par le Sablier, la décrépitude du monde étranger. Rien ne pourra le sauver, sauf le Salut et une promesse jurée.
-Il faut ainsi trouver ce en quoi cela correspond dans The Soulforged.
-Je sais! lança Akira. A force de me la répéter... "Je ne suis pas fou, et pourtant on dirait. Malveillant, cruel, mais d'une sagesse surpassant mon âge" correspond à ce qu'avait Fëanor. La partie d'Arjavh est " Et au travers du sablier, chaque chose est grise, chacun est pâle. Ni couleur, ni beauté, n'illumineront mon coeur : le siège de la vie est vide et froid". La tienne, Marjane, est "Et des flammes, comme l'aurait voulu le hasard, la fausse âme viendra dans la lumière. Et des flammes, comme l'aurait voulu le hasard, la fausse âme, l'immaculée, s'élèvera. Je ne changerai jamais d'avis, je laisserai tout cela". Enfin, la partie confiée à Siavash est "Pour un prix convenable j'ai banni la gentillesse de mon coeur. L'esprit de toute la vérité et beauté mis en jeu de mon désir". Et voilà.
-Comment sais-tu tout ça?
-A force de bosser dessus...
-Bien, c'est déjà pas mal. Donc... Ilian et Rivéda? Je propose : moi et Akira allons à Fëalarte, et toi, Siavash, tu vas trouver la cabane d'Ilian. Comme ça, on ira plus vite!
-Alors vous acceptez de sauver notre monde? vérifia Arjavh.
-Evidemment!!

Marjane, Akira et Siavash suivirent Arjavh au-dehors d'Arjëate. Ils se tinrent devant un tunnel s'enfonçant au travers de la montagne. Arjavh incanta et alluma une lumière au creux de ses mains. Ils longèrent ainsi le tunnel, avant de déboucher sur la Daryab. Un immense port s'étendait sous leurs yeux.
-La flotte Erfonienne est indubitablement la plus puissante de tout Neverland, annonça Arjavh. Des centaines de bateaux affluent quotidiennement. Ils vont principalement vers Silverate, Fëalarte et Eltagon. Pour voir Ilian, suffit d'aller dans la Cité-Librairie d'Eltagon. Il s'y trouve fréquemment. Quant à vous deux, vous savez où réside donc Rivéda.
Arjavh héla les capitaines des prochains bateaux en partance pour Eltagon et Fëalarte, leur mandant de prendre les trois Otherlanders à bord sans les faire payer. C'est ainsi, qu'ils s'embarquèrent. Ils se fixèrent un rendez-vous à Arjëate dès qu'ils auraient trouvé les serments. Marjane et Akira prirent la direction du nord, et voguaient présentement sur l'Arâyab, longeant le vaste Fëanagletscher. Siavash, quant à lui, naviguait sur la Tanelab, en direction du sud. Les esquifs étaient plutôt rapides, et fonçaient au travers de mers calmes, bien qu'étant dépourvus du moindre vent. Le souffle de l'aquilon se faisant durement ressentir, nonobstant, aux abords de Fëalarte ; tandis qu'un doux zéphyr balayait la côte sud de Tanelorn. Ils ne mirent que soixante-douze minutes pour Siavash et une heure et quarante-sept minutes pour les deux autres avant d'atteindre leurs destinations respectives.

Marjane et Akira accostèrent sur le rivage gelé, et se dirigèrent vers Fëalarte, ou plus communément appelée "la Glorieuse". Ils joignirent la place centrale et entrèrent dans le laboratoire du guérisseur.
-Rivéda, vous êtes là?
-Bienvenue dans mon...
Il se stoppa net en voyant les deux nouveaux arrivants.
-Eh, je vous reconnais! Vous étiez avec Erekse!!
-Je me nomme Marjane Khastani, et voici Akira Murasaki. Nous sommes à la recherche d'un morceau de papier qui vous aurait été confié par un dénommé Arvin et qui nous serait bien utile...
-Ah, alors... Alors c'est... c'est vous? Je... je vous donne ça... tout de suite...
Rivéda fouilla dans les tiroirs de son bureau, qui faisait office de comptoir, et en ressortit un morceau de papier tout fripé.
-Tenez, voilà votre serment.
-Merci à vous. A plus tard!
Marjane et Akira ressortirent de la boutique, et se hâtèrent vers le port.
Pendant ce temps, Siavash venait d'accoster à Eltagon, et s'était mis en quête de la Cité-Librairie. Une fois sur place, il arpenta les rayons. Il trouva un vieil homme portant une houppelande pourpre et un pendentif frontal bleu pâle. S'approchant :
-Etes-vous Ilian?
Le vieil homme leva les yeux de "Les Aveugles élémentaires" et répondit :
-C'est moi, je suis Ilian, Gardien d'Aveugles et représentant du Roi en Tanelibon.
-Vous avez quelque chose qui m'appartient. Un morceau de papier sur lequel est inscrit un serment, que vous aurait confié Arvin.
-Je ne t'ai jamais vu.
-Je suis Siavash Khastani.
-Ah, oui! Arvin m'a parlé de toi. Alors... Viens, suis-moi. Je l'ai laissé dans ma cabane.
Ils sortirent tous deux d'Eltagon, et se dirigèrent vers un cabanon sur la plage. Ils entrèrent, et Ilian partit dans la pièce où il retenait les Aveugles. Il en revint, tenant un papier dans la main.
-Tiens, je l'ai plutôt bien conservé.
-Merci, Ilian.
Et Siavash repartit à Eltagon prendre le prochain bateau pour Arjëate.
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Unread post Post #21 by Hayastan » 03 March 2008, 13:32

Chapitre 19 (Ressentiment)

Necia avait pris son dragon et s'était rendue à Morghetohr. Elle se dirigea vers la villa occupée par le roi, et annonça :
-J'ai une missive pour le roi Morgoth, de la part des Seigneurs Arjavh et Fëanor.
Morgoth vint à elle, suivi de près par Bedoune. Il était difficile de savoir que c'était le même jeune homme qu'elle avait rencontre l'année dernière, à Eltagon ; le même Aveugle ayant jadis appartenu à Ilian. Les cheveux flavescents de Morgoth étaient plus longs ; il semblait plus las, et une nouvelle étincelle brillait dans ses yeux céruléens. L'étincelle du pouvoir, de la puissance, de la prépotence.
-Bonjour à vous, Sire Morgoth.
-Ah, c'est toi? Comment vas-tu, Necia?
-Très bien. Très bien... Tu sembles éreinté.
-J'ai beaucoup à faire en ce moment. Tu veux aller te promener?
-Pourquoi pas?
Ils prirent dragon et Aveugle et partirent pour Silverate. Une fois sur place, ils se recueillirent sur les tombes de Cassandra et de Valinor. Bedoune gambadait gaiement sur l'île.
-Alors c'est vrai? s'enquit Morgoth.
-De quoi?
-Que toi et Fëanor allez vous unir.
Necia sourit, et clama :
-Ouais!!
-Ah...
-Pourquoi me... M'enfin, que t'arrive-t-il?
Les yeux de Morgoth s'emplirent de larmes, qui vinrent s'écraser sur les épitaphes.
-Je t'aimais, Necia. Tu me plais beaucoup. Oh, bien sûr, à présent tout ça n'est qu'illusion...
-Je... je suis... Je t'en supplie, ne pleure pas!
-Je ne pleure pas, se récria Morgoth en essuyant ses yeux. Un roi ne pleure jamais.
-Je suis vraiment navrée, mais... j'aime Fëanor. Et je sais qu'il m'aime, lui aussi.
-Ah, tu crois ça? Méfie-toi de lui, Necia.
-Pourquoi?
-Tu ne vois donc pas? Es-tu amblyope à ce point? Il est franchement attrayant, et en plus c'est un Autocrate! Ce genre de type, ce ne sont que des coureurs de jupons, rien d'autre! Il n'est qu'un faquin ; tôt ou tard, il finira par te tromper!
-Tu es jaloux, c'est tout. Tiens!
Elle lui tendit sa missive, et il conclut :
-Tout ce qui l'intéresse, c'est de te mettre dans son lit. Après, il n'en aura que faire de toi...
-Foutaises!!
Elle enfourcha son dragon et repartit à Arjëate, laissant Morgoth plongé dans ses pensées...

Arjavh et Fëanor arpentaient les couloirs du palais pyramidal. Le seigneur Erfonien se rapprocha de son homologue en titubant, l'oeil étincelant :
-Ecoute, mon petit Fëanor...
-Eh! Tu as beau être ravissant ; les hommes, ce n'est pas mon truc! s'indigna l'Autocrate. Je ne suis pas un giton.
Arjavh posa sa tête sur son épaule, éclata de rire, lui envoya une série de coups de poings dans le torse, et une bourrade dans ses cheveux.
-Mais il croyait que j'allais le violer, mon fanfaron de Fëanor!!
-Il n'y a rien de drôle.
-J'avais quelque chose à te dire, reprit Arjavh essayant d'avoir l'air sérieux. Je sais que tu fricotes avec Alanna.
-D'accord... lança Fëanor d'un ton à la fois caustique et gêné.
-Et Necia, c'est la putain du quartier?
-Je n'ai pas dit ça. J'aime beaucoup Necia. De plus...
-Ca va, la ferme...
-Mais je peux te jurer que cela ne se reproduira plus!
-J'en doute pas. Il faut pas te laisser charmer. T'es encore jeune, Fëanor ; t'as beaucoup à apprendre...
-Eh! Que voulais-tu que j'apprenne avec Noldor si ce n'est "comment réussir ses prises d'otages?" ou encor "comment se faire exécrer de tous?".
Arjavh repartit dans une nouvelle crise de fou rire, reprit aussitôt par Fëanor.
-Allez, viens, mon p'tit Fëanor. Je connais un bar tout près d'ici où ils font les meilleurs alcools de tous les territoires Erfoniens!
-Tu ne crois pas que tu as assez bu comme ça?
-M'allez, enfin!
-Tu es ivre, Arjavh.
-J'ai mal à la tête...
-Je te l'avais dit...
-Y'a tout qui tourne...
-Non mais c'est pas possible! Tu te soûles à quoi?
-Le muscat à la poire, et le whisky à l'orange, c'est trop bon... Allez, Fëanor!
-Laisse-tomber.
Fëanor emmena Arjavh dans sa chambre, l'allongea et fit couler de la glace sur son front.
-Bonne nuit, Arjavh.
Alors qu'il s'apprêtait à sortir, l'autocrate Erfonien le rappela :
-Fëanor!!
-Quoi, encore?
-T'es mon meilleur pote...
-Ouais, c'est ça...
-Mon... meilleur... pote...
Fëanor eut un rire regardant Arjavh ronfler bruyamment, et s'en retourna dans la Glorieuse.
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Unread post Post #22 by Hayastan » 03 March 2008, 13:32

Chapitre 20 (Menaces)

Fëanor et Rivéda se promenaient dans Fëalarte, admirant le chantier qui venait de commencer. Leurs pas crissant sous la neige, ils avaient ordonné un mois afin de réhabiliter la cité.
-Faites-vous vraiment confiance à ces gars de Tanelorn?
-T'inquiète... Je n'ai pas investi autant pour rien.
Le guérisseur resta silencieux, puis reprit :
-Votre acte fut d'une extrême déploration, seigneur Fëanor.
-De quoi veux-tu parler, Rivéda?
-Vous dites que vous allez épouser Necia malgré la discordance d'Erekse, et vous allez courir d'autres jupons par-derrière.
-Je ne vois pas ce que tu insinues.
-Et Alanna, ça vous dit quelque chose?
-Oui, elle fait partie des Sages et gère le ministère de l'Education... Et alors?
-L'Autocrate d'Araman, fier descendant du légendaire Ypsifëara fiancé à la nièce de l'Autocrate Erfonien ; en train d'embrasser à pleine bouche l'une de ses collègues de travail!!
-Voyons, Rivéda ; ne dis pas d'inanités. Je suis le seul et unique descendant d'Ypsifëara, et de plus l'Autocrate d'Araman.
-C'est de vous que je parlais!!
Fëanor se figea sur place, tenta d'avancer, trébucha et tomba sur le verglas.
-Seigneur Fëanor, êtes-vous bien?
-Aide-moi, Rivéda ; au lieu de rester planté là à me regarder comme un imbécile.
Fëanor se redressa, et siffla :
-Ouais, bon... Et en quoi ça te regarde?
-M'enfin, vous êtes fiancé et vous allez voir ailleurs!! Cela n'est pas correct!
-Tu n'as pas à me dire ce qui est correct ou pas.
-Vous saignez, Seigneur Fëanor.
-Très bien, très bien ; on retourne à ton laboratoire.
-Débrouillez-vous seul, je m'en vais.
-Rivéda...
-Je ne parle pas aux félons.
Rivéda tourna les talons et s'en fut à travers la cité.

Seul dans sa forge, son masque de verre relevé, Fëanor ponçait une tige de fer. Il planta la pointe dans le feu, et fit de même avec une fourche bipenne. Il frappa le fer ardent de son grand marteau, et des étincelles jaillirent. L'une d'entre elles vint atteindre son oeil gauche, non-protégé par son masque, qu'il avait oublié de rabaisser. Il incanta et son oeil se prit dans une prison de glace. Il cliva la fission, et se frotta l'oeil cramoisi.
-Allez, voilà que j'ai le même oeil que mon père, maintenant ; se rit l'autocrate se scrutant dans le reflet du metal.
Il prit la hallebarde et partit la ranger dans l'armurerie. Il se laissa glisser le long du mur, se recroquevillant, ses lourdes larmes s'écrasant au sol.
"Qu'ai-je fait?" se lamenta Fëanor. "Que suis-je donc en train de faire??"
L'Autocrate Aramanéen avait perdu de son prestige, depuis que sa duplicité envers Necia s'était répandue. Les Sages lui tournaient le dos, Rivéda le reniait, les autochtones de Fëalarte fuyaient à sa vue, et voilà maintenant qu'Arjavh se mettait à boire! Pour le moment, seuls Erekse, Thorin et Necia n'étaient pas au courant. Et mieux valait pour eux qu'ils ne l'apprissent pas! Morgoth et Erekse se défiaient de Fëanor, tout comme Elric, Ilian, Adsartha et Valinor. Quelle en serait l'occurrence si tous deux en venaient à l'apprendre?
Fëanor se releva malaisément. Il avait tant envie de disparaître! Nonobstant, s'il y avait bien une chose qu'il avait retenu de l'enseignement de Valinor, c'était que se suicider était le pire acte de veulerie qui soit.
-Valinor!! implora Fëanor.

Mais Valinor ne l'entendit pas. Il était en compagnie d'Ypsifëara, arpentant les rues de Sraima Tejos. Comme tous le savent, les Mages occis viennent en ce lieu de "passage" afin de ressusciter un jour.
-Comment, dis-tu? Beren et Noldor?
-En effet. Impossible de mettre la main sur eux. Et pourtant...
-Fëanor est-il au courant?
-Oui, je lui ai dit que je ne les avais pas vu depuis un certain temps.
-Non, je veux dire... Pour le Schwurkluft.
-Je ne lui en ai pas parlé.
-Il le faut!! Tu veux qu'il finisse comme toi?
-Voyons, Valinor ; ne dis pas n'importe quoi. Fëanor a le Pralaya, après tout.
-Tu as également fait usage du Pralaya, mais la faille, c'est que grâce au Schwurkluft, Beren et Noldor peuvent le parer.
-Fëanor use du Pralaya bien mieux que je ne le fis.
-Ca ne veut rien dire, je crains pour sa vie.
-Alors continue de craindre. Mais... Pour ma part, je ne doute pas de lui.
"Valinor!!"
Les deux dirigeants levèrent la tête.
-Qu'était-ce donc? s'enquit le chef militaire Avalonnais.
-Fëanor... Il ne va pas bien du tout.
-Tu peux le voir?
-Il est au bord du suicide.
-Ne puis-je pas sortir de là?
-Tu sais très bien l'occurrence d'un tel acte.
-Bien...
Valinor s'en fut au travers de la cité souterraine. Ypsifëara leva les yeux au ciel et grinça "argejas prabal", avant de retourner au forum.
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Unread post Post #23 by Hayastan » 03 March 2008, 13:33

Chapitre 21 (Fouilles à Cairns)

Marjane, Akira et Siavash avaient regagné Arjëate, là où ils se préparèrent à quitter Neverland.
-Fëanor est parti? Arjavh? Où êtes-vous?
Une silhouette apparut, vacillant dans le couloir.
-'alut tout l'monde.
-Seigneur Arjavh, tout va bien?
-Oui, oui... Un peu mal à la tête, rien de grave...
-Vous êtes sûr?
-Ouais... Le père Arjavh il a trop bu...
-Nous avons les serments. A présent, nous souhaiterions repasser en Otherland. Comment et où pourrions-nous gagner Cairns?
-Vous trouverez un passage à Eldigon, en Eldar. Demandez à Adsartha, elle sait où il se trouve.
-Merci, Arjavh!
-Au fait...
-Oui?
-Méfiez-vous d'Elric, avisa Arjavh avec un clin d'oeil.
Ils quittèrent le palais pyramidal, et puis Arjëate, et prirent le tramway jusqu'au camp militaire. Une jeune femme, que Marjane avait déjà vue auparavant, vint à eux.
-Que voulez-vous?
-Adsartha, c'est cela?
-En effet.
-Nous cherchons un passage vers Cairns, à Eldigon. Arjavh nous a dit que vous en aviez connaissance.
-Très bien, très bien...
Ils marchèrent sur le chemin passant au travers de l'étendue désertique.
-Si jamais vous auriez à revenir en Eldar, les prévint Adsartha, ne marchez hors du chemin sous aucun prétexte. De terribles créatures se trouvent dans le désert.
Ils arrivèrent finalement à Eldigon, montèrent la tour de crystal jadis occupée par Beren, et Adsartha désigna un pan du mur.
-Appuyez-vous contre ce mur afin de passer en Otherland. Bonne chance!
L'Enchanteresse se fut hors de la cité de crystal, et Marjane fit pression sur le mur. Elle bascula incontinent, suivie de près par Akira et Siavash.

Ils atterrirent dans une sombre ruelle; bien à l'abri du regard des passants. Marjane indiqua la plage et expliqua :
-C'est le grand immeuble blanc, en longeant la côte.
Ils marchèrent longuement sur le sable étincelant, avant d'atteindre l'immeuble indiqué par Marjane. Une fois sur place, elle demanda les clés au gardien, et ils montèrent dans l'appartement. Siavash tourna la clé et poussa la porte.
-Il n'est pas revenu depuis.
-Quel merdier! Il va nous falloir une semaine de fouilles archéologiques avant de retrouver un minuscule bout de papier!
-Surtout avec toute la paperasse qui s'amoncelle...
Ils décidèrent en premier lieu de ranger l'appartement, étant donné qu'ils leur restait après tout dix semaines. Ensuite, Siavash se connecta au portable posé sur le bureau, Marjane mit de l'ordre dans les papiers, mais sans trouver nulle trace du serment. Akira, occupé à remettre le canapé en ordre, tomba sur une espèce de vieux papier tout froissé.
-Venez voir!
Marjane s'empara du papier et siffla :
-C'est bel et bien le serment.
-Alors, où en sommes-nous?
-Celui de Rivéda cite "Mais d'autres esprits parviendront, par le renoncement nous les rejoindrons" ; celui d'Ilian cite "Une seule issue au-delà de ce monde. Sans le pouvoir de se repentir, crachons donc nos actes immondes" ; quant à celui de Cairns, il cite "De l'autre côté du miroir, les Mortels viendront se perdre. L'imposant pouvoir du Cercle se rompra et détruira leurs rêves illusoires".
-Il nous en manque quatre! Nous pouvons ainsi souffler un peu...
-Tu n'as pas vraiment l'air de comprendre, Siavash... Nous avons dix semaines pour retrouver le Serment, l'interpréter ET l'accomplir. Nous allons retourner à Eldigon, et demander à Arjavh de nous prêter un bateau pour joindre Tanelorn, afin de passer le Cercle ; cela sera un gain de temps que si nous essayons de joindre Elam directement.
-Très bien, très bien... Alors qu'attendons-nous?
Ils sortirent de l'appartement, sans rendre les clés au gardien, puis retournèrent à la ruelle d'où ils étaient venus.

L'inconnu fit face à la stèle de corindon, tout en sifflant :
-Courage, Marjane ; tu y es presque. Une fois le Serment acquis, tu pourras m'interpréter tout ça sans aucun problème. Ta dévotion à Hansi Kürsch t'aidera à résoudre les vieux serments. Tu aurais pu faire une parfaite littéraire ; dommage que tu aies voulu te lancer dans l'informatique...
Il marcha jusqu'à une fissure dans la montagne, et reprit :
-Et une fois que vous saurez tout cela, vous devrez pénétrer en Sraima Tejos, la Cité des Ombres. Et y rencontrer Ypsifëara, l'Autocrate aux yeux cramoisis, père de Fëanor. Si vous échappez au Pralaya...
Il se téléporta à Arjëate, partit chercher Arjavh et suivit :
-Ils n'en ont plus que quatre à trouver, tous disséminés en Iran. D'après toi, devrai-je leur dire?
-Non, espèce de jeune effronté. Veux-tu causer notre perte? De toute façon, Siavash est déjà au courant, n'est-ce pas?
-En effet. Sinon, comment l'aurait-il su?
-Ne leur dis rien ; pas encore... Ils le sauront en temps voulu.
-Très bien... Qu'en est-il de l'autre?
-Il arrive. Nous avons une petite affaire professionnelle à régler, et nous le convoquerons par la suite.
-C'est entendu.
L'inconnu repartit. Une seule question obscurcissait son esprit. Hawkmoon avait-il lu les Mémoires?
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Unread post Post #24 by Hayastan » 03 March 2008, 13:33

Chapitre 22 (Frustration)

Le 5/1/4/4628, à huit heures cinquante, Fëanor parut devant Arjavh, accompagné d'Alanna. Pour l'occasion, il avait revêtu une broigne turquoise brodée de symboles argentés, un large pantalon noir et un saphir rutilant ornant son diadème.
-Tu nous a conviés, Arjavh?
-En effet. Si vous êtes à Arjëate, c'est afin de discuter d'échanges entre mon Institut et celui de Fëalarte. C'est pourquoi j'ai également convoqué Alanna, en tant que représentante de l'Education. Si vous voulez bien me suivre...
"Bien sûr, si elle était là pour autre chose, elle en trépasserait", songea Arjavh, les conduisant en salle de réunion, là où les attendaient également Erekse et Thorin.
-Je vous prie de vous asseoir. Ainsi, nous pouvons commencer.
-Nous comptons faire un échange entre Fëalarte et les Red fields of none. Alanna va tout vous expliquer quant aux effectifs.
Arjavh et Erekse eurent un rire, et Alanna reprit :
-Nous souhaiterions faire un échange entre des élèves de secondaire. L'Institut de Fëalarte comprend trois millions trois cent soixante-quinze mille étudiants. Qu'en est-il pour Erkshator et Arjëate?
-Nous avons un million cent vingt-cinq mille étudiants à Erkshator.
-Et deux millions vingt-cinq mille pour Arjëate.
-Ce qui nous fait donc au total trois millions cent cinquante mille étudiants pour les Red fields of none. Fëanor, que devons-nous faire? Cela représente un effectif trop peu important pour couvrir l'ensemble des secondaires de Fëalarte.
-Oh, tu sais, moi et les supputations, ça fait deux. J'ai toujours eu horreur de l'arithmétique!
-Très bien... Et si on envoyait les autres en voyage scolaire à Arjëate?
-Oui, bien sûr... Combien cela ferait-il?
-Deux cent vingt-cinq mille.
-Et si tu les emmenais en Tanelorn, plutôt? C'est bien moins cher.
-Mais enfin, c'est une question de culture, pour nos étudiants!
-Et pour moi, c'est une question de prix. Nous avons bouclé le budget de ce mois-ci, et je ne tiens pas à me retrouver à la rue. Le coût est bien moins élevé si nous les emmenons visiter Eltagon et Cadsilon.
-Vous abusez...
-Eh bien, voilà qui règle la question. Partons, présentement.

Erekse, Arjavh et Thorin sortirent du palais pyramidal, juste au moment où Necia revenait de cours. Elle tourna à l'angle de la rue à la vue de son père.
-Attends, Necia!
-Que veux-tu? On n'a plus rien à se dire, toi et moi!!
-Ecoute... Je suis désolé. C'est vrai! Je n'aurais pas dû m'emporter comme ça... Si tu aimes Fëanor, alors vas-y.
-Comment?
-Unissez-vous, si tu l'aimes vraiment. Je ne te retiendrai pas.
-A quoi tu joues? Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis sur son compte?
-J'ai perdu trop de temps lorsque tu étais avec Elric. Tu es probablement le seul enfant que j'aurais jamais eu! Je ne veux pas te perdre de nouveau...
Des larmes ruisselant le long de ses joues, Erekse la serra dans ses bras.
-Comme c'est mignon... ironisa Arjavh.
-C'est bien, mon fils ; approuva Thorin posant une main sur son épaule.
-Au fait, Yishana m'ai dit qu'elle avait aperçu Fëanor, par ici, suivit Necia.
-Je l'ai vu se diriger vers le port.
Ils prirent tous le chemin qui menait vers la grève, et se stoppèrent net. Thorin afficha un air offensé, Erekse fulminait, Arjavh jetait des regards sceptiques de toutes parts, Necia s'effondra à terre.
Fëanor et Alanna se tenaient enlacés l'un à l'autre, s'embrassant fougueusement.
-Comme c'est mignon, réitéra Arjavh d'un ton caustique.
-Non... non... c'est pas... c'est juste... un mirage!
De grosses larmes roulèrent le long du visage de Necia. Erekse s'abaissa, la releva, la soutint et vociféra :
-Tu vas payer, Fëanor!!
L'Autocrate s'arracha à Alanna,démontrant un air ébaubi. Thorin cracha :
-Comment oses-tu, félon? Ah, bonjour la duplicité!! Et dire que je te faisais confiance, que je te considérais comme un fils!
Il tourna les talons et retourna à la ville. Fëanor s'agenouilla, versant des larmes à son tour. Il releva la tête. C'étaient à présent des larmes de sang qui venaient s'écraser au sol.
-Mes larmes deviennent cruor, mon chagrin survit éperdument ; serment nommé "Déchirures sanglantes", susurra Arjavh.
Necia leur tourna le dos et repartit vers Arjëate, Erekse sur ses talons.
-C'est qu'un fourbe!!
-Je te l'avais dit. Je suis... navré.
-Je pensais qu'il était...

Du côté du port, Arjavh incanta :
-Drafu dayas tejos!!
Fëanor para le coup et nota :
-Tu oublies que moi aussi j'utilise le Blindaugen?
Il jeta un coup d'oeil autour de lui. Alanna avait disparu subrepticement.
-Elle est enfin partie... soupira l'Autocrate Aramanéen.
-Que veux-tu dire?
Fëanor s'agrippa à son homologue, implorant, et confessa :
-Elle me manipule, Arjavh! Elle me manipule... Et à cause d'elle...
-Tu viens de perdre Necia.
-Je t'en supplie, aide-moi!
-Et comment? Ce n'est qu'une femme, après tout! Tu ne vas quand même pas te laisser faire... se rit Arjavh.
-Je ne sais pas. C'est comme si...
-Ha, ha... Toi, Fëanor, unique descendant direct du Grand Ypsifëara, tu ne sais même pas de défendre face à une femme?? Laisse-moi rire...
-Qu'aurais-tu fait à ma place?
-Déjà, ne pas commencer à sortir avec la fille du frère du dirigeant des Red fields of none. Tu sais très bien que si je préfère rester célibataire, c'est bien sûr pour éviter ce genre d'ennuis!
-Et pourtant, cela t'arrivera bien un jour... Il faudrait que tu songes à te trouver une femme, tu as trente-deux ans et tu n'as jamais connu l'amour! Ne reste pas aussi coincé...
-Non mais regarde-toi parler!! Et tu penses que tu connais mieux la vie que moi? Tu viens de tromper ta fiancée sous ses propres yeux!!
-Bien, bien...
-Que vas-tu faire?
-Retourner à Fëalarte, et m'expliquer avec Alanna.
-Sage décision.
Fëanor se dissipa, et Arjavh revint joindre les autres.
-Erekse, je peux te parler en privé?
-Mais certainement, j'arrive tout de suite!
Arjavh l'entraîna dans un coin sombre, dénué de passants, et lui conta tout ce dont Fëanor lui avait fait part.
-Manipulé??
-Je pense qu'il est vraiment amoureux de Necia. Alanna s'est vue humiliée, quelques périodes plus tôt. Elle a ainsi voulu se venger. Je l'ai entendue parler avec Rivéda.
-Alors... Fëanor ne trompe pas ma fille?
-Pas le moins du monde. Nonobstant... Deux choses : si Fëanor ne parvient pas à mettre un terme à tout ça, alors nous l'aiderons à y parvenir. Ensuite, il ne faut rien dire de tout cela à Necia.
-M'enfin, pourquoi donc lui cacher?
-Elle le saura en temps voulu.
-Que vas-tu faire?
-La même chose que toi, gérer cette affaire d'échange entre l'Etat Erfonien et Fëalarte.
-Et Necia? Tu penses qu'elle...
-Elle dormira où elle veut.
-Il vaut mieux qu'elle reste à Arjëate. Elle est à côté de l'Institut ; c'est bien plus pratique.
-N'empêche...
-Quoi? Tu as encore eu une vision?
-Pas toi?
-Non.
-J'ai vu une chose étrange. Tu te remémores Sraima Tejos?
-Je t'en supplie, ne me parle plus jamais de cette cité maudite!!
-Beren et Noldor... Ils n'y sont plus. Quelqu'un a dû les ressusciter. Ca va nous refaire la même chose. Comme en 1966. Sauf que là, au lieu de viser Ypsifëara à Lyptynë(1), ils frapperont sur Fëanor, et mettront Fëalarte la Glorieuse à feu et à sang.
-Ca craint! Il faut prévenir Fëanor!!
-Il a déjà été averti. Pour le moment, concentrons-nous sur le Serment. Ce que nos chers Otherlanders ne réalisent pas encore, c'est qu'il y a une erreur au niveau de l'hymne Avalonnais et de la version de Valinor...
--
1 -> Ville en Araman, située sur les hauteurs des Eisengebirge
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Unread post Post #25 by Hayastan » 03 March 2008, 13:34

Chapitre 23 (Les deux voyageurs)

Ils avaient préféré passer le Cercle et joindre Eldigon, plutôt que d'aller directement à Elam. Ils marchèrent des heures durant à travers le désert Eldarien, sans jamais s'écarter du sentier, avant d'atteindre le camp militaire. Une fois sur place, ils requirent Adsartha.
-Encore vous?
-Il nous faut rejoindre Arjëate afin de prendre un bateau pour Tanelorn.
-D'accord, d'accord...
Elle les entraîna jusqu'au tramway, paya neuf crystals et recommanda :
-Ne vous trompez pas d'arrêt!
Ils s'élancèrent jusqu'à la cité Erfonienne, coururent au palais pyramidal et demandèrent après Arjavh.
-Bonjour! Vous revoilà déjà?
-Il nous faut aller en Tanelorn afin de joindre Elam!
-Quelle vélocité! Bien, si vous voulez bien me suivre...
Arjavh les conduisit au port, là où deux hommes, apparemment des voyageurs, les attendaient.
-Vous... encore? Mais... Pas possible, je vois double!
-Non. Nous sommes deux. Nous étions deux. Nous avons toujours été deux. Et nous serons toujours deux. De par le Serment.
-M'enfin, que nous voulez-vous?
-Nous allons vous escorter à Elam.
Ils s'élevèrent tous deux dans les airs, atterrissant sur un petit voilier. Arjavh les exhorta à monter, et ils voguèrent avec célérité sur la Tanelab. Une fois à Eltagon, ils débarquèrent et prirent la ruelle adjacente à la Cité-Librairie, puis s'appuyèrent sur le mur, et basculèrent en Otherland.

Une fois à Elam, les voyageurs, les guidèrent vers le forum, puis l'un d'eux siffla :
-Deux des serments sont ici. C'est à vous de les chercher, dans les ruines.
-Pardon? C'est tout?
-Nous n'avons rien d'autre à vous dire. Après tout, nous ne sommes que de simples voyageurs.
Akira activa l'option de sa canne lui permettant de localiser des objets, et balaya les ruines. Marjane et Siavash inspectèrent les parois des murs, espérant trouver des morceaux de papier coincés entre deux fentes. Ils eurent tôt fait de parcourir le site, mais pas la moindre trace du Serment.
-Je n'ai rien trouvé, s'excusa Akira. Peut-être que c'est un leurre...
-De même, de même...
-Et ça? lança l'un des voyageurs.
Marjane se rapprocha et scruta le pan de mur désigné par l'inconnu. En y regardant de plus près, elle pouvait y déchiffrer des mots.
-éticarév al ebmolprus edutilos al ervah erton snad éterûs ne séminar siam servadac sed slet tnarre sout?
-Et en-dessous, rion el snad tiaf ec ed tnorerre sli sésirb tnorrev ne's snitsed stniam isnia riopse tuot arelihinna revuas suot sel ed te.
-C'est une langue, ça?
-Redis-le, ordonna Akira.
Marjane s'exécuta, et il argua :
-C'est écrit à l'envers. Il a voulu s'amuser un peu, c'est tout. Passe-moi un bout de papier.
-Je n'ai pas de papier.
-Un cellulaire, un PDA, n'importe quoi!!
Siavash lui tendit son téléphone cellulaire, et Akira recopia, lisant à voix haute :
-Cela nous donne "Tous errant tels des cadavres, mais ranimés en sûreté dans notre havre. La solitude surplombe la véracité ; et, de les tous sauver, annihilera tout espoir. Ils erreront de ce fait dans le noir."
-Tu es génial, Akira!!
-Je sais... Bon, c'est pas tout ça, mais on a déjà perdu la journée. Ta Porsche est encore là. Je suggère qu'on rentre à Ispahan et que l'on se repose, avant de chercher dans son ancien appartement. On finira par Karaj.
-Très bien. Montez tous!
Marjane démarra la voiture, et ils roulèrent sous le crépuscule en direction d'Ispahan. Dès qu'ils furent arrivés, ils partirent à l'appartement de Marjane.
-Essayons de dormir, et voyons pour le reste demain.

-Et vous pensez venir ainsi vous excuser de n'avoir pas été présent pendant cinq jours entiers? A quoi jouez-vous, monsieur Murasaki? Croyez-vous que je vais vous titulariser après cela?
-Vous m'en voyez désolé, mais j'avais une affaire urgente à régler. L'avenir d'un monde en dépend!!
-N'essayez pas de m'abuser, ça ne marche pas avec moi. Je dois reconnaître cependant que vous vous en êtes plutôt bien sorti face à la pire classe du collège. Je reconsidérerai votre titularisation de la sorte.
-Très bien.
Akira ressortit et regagna l'appartement. Marjane s'enquit aussitôt :
-Alors, tu es prêt à partir?
-J'ai failli me faire virer et c'est tout ce que tu trouves à me dire?
-Désolée...
-Bien, on y va.
Marjane, Akira, Siavash et les deux voyageurs partirent vers l'ancien appartement qu'occupait Arvin à Ispahan, juste en face du campus.
-Ce n'est pas du tout comme à Cairns, nota Siavash.
-C'est étrange... C'est aussi bien rangé que la dernière fois. Mais c'est... Avant qu'on atterrisse en Neverland, c'était un vrai merdier! Enfin... On dirait que quelqu'un est revenu ici afin de mettre de l'ordre.
-Et de nous laisser une partie du Serment.
Marjane ramassa un livre de traductions sanscrites qui traînait par terre, et remarqua :
-Ca, ça n'y était pas la dernière fois.
Elle ouvrit le manuel et vit une page du lexique cornée. Quelqu'un avait surligné la définition "pralaya = dissolution de l'univers", et avait annoté "Le Pralaya est un pouvoir visant à créer un vacuum entre soi-même et l'ennemi, puis à invoquer les divinités qui attendent leur résurrection. Il se transmet dans la dynastie d'Ypsifëara".
-Qui est donc Ypsifëara?
-L'autocrate aux yeux cramoisis, fondateur de Sraima Tejos et de Lyptynë. Il est ce grand Mage qui a succombé à la guerre du Cercle de 1966, et aussi le père de Fëanor.
-Fëanor? L'actuel autocrate d'Araman? L'un de ceux à cause de qui on se met en danger?
-Lui-même.
-Pourquoi l'a-t-on marqué?
-Peut-être par prévenance, répondit l'inconnu.
Marjane se dirigea vers la chambre, trouva un cahier posé sur le lit, l'ouvrit et vit, en lettres capitales rouges : " Mon corps n'est plus mais mon âme réside en eux ; l'immortalité n'est à présent que maladie, gangrène et paresse. Et leur mort se fait tant ressentir!"
Elle arracha la page et la plia. Puis, elle réalisa :
-Il ne nous reste plus qu'à aller à Karaj, maintenant.
Ils repartirent à son appartement, reprirent la voiture et roulèrent vers le nord. Une fois arrivés, Akira fit remarquer :
-Et par où voulez-vous chercher?
-Séparons-nous, on ira plus vite. On se retrouve ici dans trois heures.
Ils partirent chacun dans des directions opposées. Ils fouillèrent les magasins, les lieux publics, les bus, les rues, mais ne trouvèrent trace du dernier serment. Ils revinrent au point de rendez-vous bredouilles, et l'inconnu hâbla :
-Alors, rien trouvé?
-Et vous vous croyez drôle? Il ne nous reste que neuf semaines pour retrouver le dernier serment, interpréter tout ça et l'accomplir!!
-Seulement! Tenez : si vous êtes à Karaj, c'est afin de vous plonger dans vos souvenirs.
-Si vous êtes à Karaj, c'est pour... répéta Marjane. Oui!!
"Et si vous êtes à Karaj aujourd'hui, c'est parce que vous êtes une fugitive", avait dit le policier lors de sa cavale.
-Tous à Suse!! s'exclama Marjane.

Ils reprirent la Porsche et s'élancèrent de nouveau à Elam. Marjane leur indiqua le mur contenant le Cercle, et ils basculèrent de nouveau en Neverland. Les deux voyageurs se tenaient à l'arrière du groupe. L'inconnu reconnut :
-Elle est vive d'esprit. Ils s'en sortiront...
-J'espère que tu dis vrai. Je ne te fais toujours pas confiance!
-Quand vas-tu donc arrêter de vivre dans le passé? Nous sommes dans le même camp! Nous sommes tous deux sous les ordres de Fëanor.
-Je n'obéis pas à ce fourbe de Fëanor!!
-Mais si, mais si, sans en prendre conscience...
-Que... veux-tu dire?
-Tu ne l'as pas ouvert, n'est-ce pas?
-Tu veux parler de ça? Non, pas encore...
-Tu n'oses pas? Tu as la frousse?
-Ferme-la!
Marjane se fut à la Cité-Librairie d'Eltagon, et ils se divisèrent à nouveau, afin d'arpenter les rayons. En vain, ils ressortirent, et marchèrent jusqu'à la Tanelornwald(1). Ils gravirent la montagne, arrivèrent au serment caché. Ils virent un rocher bloquant une feuille de papier sur la stèle de corindon.
-Requérir une pertuisane récemment forgée, de par les mains les plus habiles, de par l'esprit le plus pur.
-Les mains les plus habiles... Ce doit être un excellent Forgeron!!
-Ne serait-ce pas Fëanor?
-Sauriez-vous nous transporter à Fëalarte? requit Marjane aux deux voyageurs.
-Mais certainement...
Ils formèrent un cercle, se dissipèrent et atterrirent dans le frimas. L'un des voyageurs resta en retrait et grinça :
-Partez sans moi.
-Comment?
-Je ne peux pas le supporter...
Ils haussèrent les épaules et se dirigèrent vers le laboratoire de Rivéda.
-Salut, vous tous! Ah, encore vous? C'est pour quoi, cette fois?
-Nous cherchons le seigneur Fëanor.
Rivéda hurla, eut un mouvement de recul et invectiva :
-Pourquoi quérir un type aussi infâme, bande de saligauds??
-C'est-à-dire...
-Allez voir s'il n'est pas chez lui, mais sortez.
-Euh...
-Sortez, je vous dis!!
Ils ne se firent pas prier pour se hâter vers la sortie et puis vers le manoir où vivait l'Autocrate. Ils appelèrent et les portes s'ouvrirent. Fëanor s'avança, faisant tourner Stormbringer dans une main, l'autre tenant un marteau. Il avait un masque en verre relevé sur son front.
-Je vous attendais. Je vous en prie, veuillez me suivre...
Il envoya son masque et son marteau à terre, les conduisit à l'arsenal et leur passa la hallebarde qu'il avait forgée dernièrement.
-Pourquoi vous avez l'oeil rouge?
-Une simple inattention de ma part. Forger le métal est là un art bien compliqué.
-Votre père, Ypsifëara...
-Le seigneur aux yeux cramoisis?
-Pourquoi avait-il les yeux rouges?
Fëanor se tut, son regard se perdant dans le vide. Il leur montra l'arme, et expliqua :
-Ce type de hallebarde est une pertuisane. J'ai gravé des mots dessus.
- Maudits, condamnés à trépasser, ils subiront une géhenne éternelle. Leur monde appartiendra au passé, mais certains accéderont au deuxième Ciel, lut Marjane.
-Copie-le donc sur ton cellulaire, Siavash.
-Je pense qu'on a tout.
-Vous feriez mieux de retourner à Arjëate, si Arjavh n'a pas trop bu. Vous m'y verrez tôt ou tard, j'ai de la paperasse à lui rendre.
-Très bien.
Ils ressortirent, joignirent le voyageur resté à l'écart et ils se téléportèrent.
--
1 -> Forêt de Tanelorn
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Unread post Post #26 by Hayastan » 03 March 2008, 13:36

Chapitre 24 (Interprétation)

Marjane, Akira, Siavash et les deux voyageurs étaient rentrés à Arjëate. Ils copièrent les fragments du cellulaire de Siavash, étalèrent les autres bouts sur la table de la salle de réunion, et tentèrent de tout remettre en ordre.
-Par quoi le Serment peut-il bien commencer?
-La vésanie... je ne suis pas fou... C'est le début! Marjane, comment as-tu traduit The Soulforged?
-Le refrain "de par le feu ardent, la duplicité de l'âme régnera", je trouve "et de par le feu, comme l'aurait voulu le hasard, l'âme forgée viendra nous illuminer".
-L'âme forgée?
-J'ai trouvé l'inspiration d'Hansi Kürsch pour cette chanson. Il s'agit d'un livre de la série "Lancedragon", plus précisément "Une âme bien trempée". Et vous savez quel en est le titre original?
Tous dénièrent. Marjane suivit :
-The Soulforge.
-Merci à notre cher Hansi Kürsch d'avoir copié sur des livres la plupart du temps, le plagiat sert toujours, à ce que je vois... ironisa l'inconnu.
-Il n'a rien plagié du tout!! se récria Marjane.
-J'aime bien la voir hurler...
-Là, "mon corps n'est plus" est la suite. Puis celui-là, il va ici.
Deux minutes plus tard, elle avait reconstitué l'intégrité du Serment.
-Tu nous lis, Marjane? Pour voir ce que ça donne, après tout ce qu'on a subi pour les retrouver...
-La vésanie se lit dans mes yeux, belligérant doté d'une grande sagesse. Mon corps n'est plus mais mon âme réside en eux ; l'immortalité n'est à présent que maladie, gangrène et paresse ; et leur mort se fait tant ressentir! Une seule issue au-delà de ce monde. Sans le pouvoir de se repentir, crachons donc nos actes immondes! C'est dans la droiture que je sacrifiai ma bonté, et que je mis en jeu les vraies Valeurs délibérément. Depuis le feu ardent, la duplicité de l'âme nous illuminera. Depuis le feu ardent, l'Immaculée trahison régnera. Sans altérer les consciences, nous partirons. De par le Sablier, la décrépitude du monde étranger. Rien ne pourra le sauver! sauf le Salut et une promesse jurée. Tous errant tels des cadavres ; mais ranimés en sûreté dans notre havre. La solitude surplombe la véracité ; et, de les tous sauver, annihilera tout espoir. Ainsi maints destins s'en verront brisés, ils erreront de ce fait dans le noir. Depuis le feu ardent, la duplicité de l'âme nous illuminera. Depuis le feu ardent, l'Immaculée trahison régnera. Mais d'autres esprits parviendront, par le renoncement nous les rejoindrons. De l'autre côté du miroir, les Mortels viendront se perdre. L'imposant pouvoir du Cercle se rompra et détruira leurs rêves illusoires. Maudits, condamnés à trépasser, ils subiront une géhenne éternelle. Leur monde appartiendra au passé, mais certains accéderont au deuxième Ciel. Depuis le feu ardent, la duplicité de l'âme nous illuminera. Depuis le feu ardent, l'Immaculée trahison régnera. Sans altérer les consciences, nous partirons.
Elle prit un moment de silence, et constata :
-Je ne vois pas le rapport avec The Soulforged... Comme si c'était... une fausse piste! Comme si...
Avant qu'elle n'eût fini sa phrase, un homme fit irruption dans la pièce.
-Le rapport de données pour...
-Hors de ma vue, Fëanor!! tonna Arjavh.
L'Autocrate ne broncha pas. L'un des voyageurs, celui qui était resté à l'écart à Fëalarte, éructa :
-Casse-toi, ou je vais te massacrer!!
-C'est bon, c'est bon!
Fëanor envoya le rapport sur la table, et s'éclipsa promptement.
-Commence sérieusement à m'énerver, celui-là!
-Que s'est-il passé, avec Fëanor? s'enquit Akira.
-Rien, n'y prête pas attention. Pour en revenir à notre Serment, je vous conseille de vous baser sur Valinor.
-Valinor? Le père de Sammy? Mais... Il est...
-C'est tout ce que j'ai à vous dire.

Arjavh avait décrété que Marjane, Akira et Siavash résideraient à Arjëate le temps qu'ils interprètent et exécutent le Serment. Marjane et Akira sortirent sur le coup de dix-sept heures, et s'enfuirent en direction de l'Institut, qui était relié à la Cité-Librairie d'Arjëate. Ils parcoururent les étagères, dans les sections "Mythes et légendes", et "Sciences humaines".
-Tu peux me dire ce qu'on fait dans une bibliothèque à une heure pareille? requit Akira d'une voix endormie.
-Je veux en savoir plus sur Valinor.
-Et je peux savoir pourquoi?
-Je ne comprends pas... Il y a un problème! Regarde le Serment! Il dit "la duplicité de l'âme". Et dans l'hymne Avalonnais, et chez Hansi Kürsch, on retrouve "l'âme forgée". Cela ne correspond pas!!
-Allons...
Ils feuilletèrent divers ouvrages ; mais tout ce qu'ils trouvèrent sur Valinor étaient des rapports de guerre ou des affaires d'Etat. Ils apprirent qu'il était un grand guerrier à la tête d'Avalon, et virent son nom dans le Pacte d'Alliance de la Plaine, un serment qu'il aurait juré bien des temps jadis. On le trouvait impliqué dans une affaire qui avait agité toute la Plaine à l'époque : il aurait abandonné Fëanor à un certain Noldor pour que ce dernier n'attaque pas ses terres.
-Ca y'est! lança Akira.
-Tu as trouvé quelque chose?
-J'ai surtout trouvé une idée géniale : pourquoi tu n'irais pas demander à Sammy, pardon... Morgoth, de t'en dire plus? C'est son fils, après tout! Il en saura davantage que moi.
-Que fais-tu?
-Je rentre, je suis éreinté.

Marjane rentra peu après, et vagabonda dans les couloirs du palais pyramidal, avant de ressortir dans le patio central.
-Qui va là?
-C'est moi, Marjane. Salut, Necia. Tu ne dors pas, à cette heure-ci?
-Peux pas.
-Allez, raconte. Il paraît que tu vas bientôt te marier avec Fëanor...
-Me parle pas de cet enfoiré!! hurla Necia, les larmes aux yeux.
-M'enfin, que s'est-il passé avec Fëanor? J'ai l'impression que tout a brusquement changé, en ce monde!
-Il... Il sortait avec Alanna, la ministre de l'Education d'Araman. Il m'a trompée, ce félon!!
Instinctivement, Marjane prit Necia dans ses bras, d'une manière fraternelle, et susurra :
-Des hommes, tu en trouveras d'autre.
-Mais c'est... Je pensais que... Je ne désire que Fëanor!! Je n'en veux pas d'autre!!
-Vous connaissez un truc qui se nomme la polygamie? cingla une voix derrière elles.
L'inconnu venait d'arriver. Il s'avança et s'adressa à Necia :
-Les mecs, c'est tous des cons! Ca va, ça vient! T'en trouveras d'autres ; tu te lamentes parce que tu en as perdu un, mais sais-tu ce qu'est véritablement la misère? Alors pose-toi la question à deux fois.
-M'enfin, comment oses-tu? s'offusqua Marjane.
-Ce n'est pas toi qui voulais aller voir Morgoth?
-En effet.
-Je t'emmène.
-Je... je peux venir avec vous? requit Necia.
-Allez, viens. Il est vingt heures tout rond, l'aube vient tout juste de poindre, et on se tire!!
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Unread post Post #27 by Hayastan » 03 March 2008, 13:37

Chapitre 25 (Les yeux cramoisis)

Ce jour-là, vers les années 3200 et quelques, Fëanor avait atteint l'âge de la majorité. Il était allongé dans la plaine florissante aux alentours de Valirate, occupé à lire un recueil de vieilles légendes. Valinor s'approcha silencieusement, et siffla :
-Les histoires des bardes te passionnent-elles au point d'oublier de rentrer? Fëanor, le crépuscule est déjà levé ; et il faut une journée entière pour faire l'aller et retour jusqu'à Silverate.
-J'ai mes raisons de vouloir me tenir à l'écart.
-Et il se fiche de moi... T'en as encore pour longtemps?
-De quoi tu parles?
-Ca fait plus d'une période que tu tires la tronche!! Et tu crois que je n'ai rien remarqué...
Valinor se rapprocha :
-C'est parfaitement normal. Tu deviens un homme, Fëanor! Mais au lieu de rester dans ton coin à te pourrir les idées avec des vieux bouquins délabrés, pourquoi ne sors-tu pas davantage? Je ne sais pas, moi ; va te promener en ville dans tes moments de liberté et trouve-toi une fille, comme tous les garçons normaux de ton âge!!
-Ca ne m'intéresse pas.
-Ne me dis quand même pas que tu éprouves de l'attirance pour les hommes?
-Mais qu'es-tu donc en train d'insinuer!! Que ce soit un grand amour ou qu'il soit volage, tout cela ne m'intéresse pas!
-Qu'est-ce que tu aimerais faire? Te joindre à nous et jouer aux cartes en buvant de la bière? C'est ça, que tu veux?
-Du tout.
-Alors!! Je ne te comprends pas. En vérité, je te comprends de moins en moins.
-Je veux faire partie de l'élite.
-L'élite? M'enfin, de quoi parles-tu?
-La tête de l'armée de Neverland. L'Elite, comme vous l'appelez.
-Et c'est tout ce qui t'intéresse?
-Je suis fort, et compétent en magie. Je veux prouver au monde entier de quoi je suis capable!!
-Tu es surtout trop fier, Fëanor. Trop fier. Comme ton père.
-Mon... père? Mais... ce n'est pas...?
Valinor sortit un papier de sa poche. Une gravure à l'encre coloré représentait un homme grand, brun, les cheveux coupés courts, arborant l'uniforme rouge et noir des Elarm(1).
-C'est lui, mon père?
-En effet.
-Pourquoi il a les yeux cramoisis?
-Je ne sais plus vraiment. Je pense que c'est la marque de sa dynastie. Mais, pour ma part, je crois plutôt que ce fut lors de la guerre civile d'Araman, lorsqu'on lui a brûlé les yeux. C'est lui, ton véritable père. Ypsifëara, il se nommait. Tu l'as déjà vu lorsque vous avez gravé le Serment et ainsi découvert Sraima Tejos, Arjavh et toi.
-Eh! Comment es-tu au courant, pour Arjavh et moi?
-Tu crois que je ne te vois pas, mais je t'ai à l'oeil.
-Tu l'as connu? Ypsifëara?
-Non, malheureusement. J'ai connu ta mère, en revanche. C'est elle qui t'a confié a moi. As-tu déjà entendu parler de la guerre du Cercle?
-La guerre de 1966, avec la permutation entre l'Eldar et l'Araman?
-Celle-là même.
-Plus ou moins. J'ai lu des textes, mais rien d'autre.
-Ce fut une guerre terrible. Je m'en souviens... Je suis arrivé peu avant le traité de paix. Bien, tant qu'on est là...

Et tandis que le crépuscule embrasait la plaine Avalonnaise, Valinor suivit :
-Ce fut la pire guerre de toute l'histoire de Neverland. J'en étais à mes débuts militaires, à l'époque. J'ai arrêté mes études après le Secondaire, afin de m'engager dans les troupes Avalonnaises. Noldor, je ne sais pas si tu en as déjà entendu parler, avait assujetti tout l'Araman depuis les années 800 et quelques. Sur le coup de 1241, Ypsifëara et d'autres Aramanéens s'exilèrent dans les Eisengebirge, et fondèrent la ville de Lyptynë. Aujourd'hui encore, cette ville représente la lutte contre le despotisme. Ils fuirent ainsi le régime tyrannique exercé par Noldor, et luttèrent contre ses armées. En 1964, Noldor déclara la guerre à Ypsifëara. Ta mère a fui, m'a vu devant un navire supposé emmener des réfugiés, et t'a ainsi confié à moi. C'était la première véritable guerre que je voyais. L'odeur du sang, de la décomposition, des chairs atrophiées et de la gangrène s'infiltrait amèrement dans mes poumons. Partout où je posais les yeux, je voyais des corps brisés, des cadavres occis par mépris et par haine, des personnes auxquelles il manquaient des membres, des visages ravagés ; des garçons d'à peine six ans qui tenaient une dague et qui, la main tremblante, assenaient le coup fatal à leurs assaillants, avant de s'enfuir en larmes, honnis par leur geste et leur acte, et rattrapés par leur chef qui s'empressait de les décapiter vivants. J'entendais les gémissements des soldats qui se traînaient malaisément, les supplications de leurs victimes, les cris éplorés des femmes qui voyaient leurs maris trépasser sous leurs yeux, les hurlements déchirants des jeunes filles que les soldats de l'armée de Noldor souillaient et violaient. Plus d'une fois le sang est venu maculer la lame de mon sabre. Ce que tu as pu lire dans tes livres sur la guerre, Fëanor, n'est malheureusement qu'un doux euphémisme pour exprimer tout cela. Les soldats envoyés au front se font tuer ; quant aux survivants, ou bien ils ont été blessés physiquement, ou bien ils ont connu de graves traumatismes. Personne ne revient indemne d'une guerre, les horreurs exprimées sur le champ de batailles y sont indicibles ; je ne saurais trouver les mots pour te donner parfaite description de ce que j'y vis en réalité. C'est ainsi que ça se passait. Lors de la guerre civile, Ypsifëara possédait un pouvoir très puissant : le Pralaya. Il consiste, si je me souviens bien pour l'avoir vu une fois en faire usage, à créer le Vide entre toi et l'adversaire, et puis à invoquer les esprits oubliés. Cette invocation est très dangereuse ; tu ne peux l'effectuer que si elle réside en toi. J'ai vu bien des personnes tenter de l'incanter en vain.
-Que sont devenues ces personnes?
-Elles sont mortes.
-Et après? Comment s'est terminée la guerre?
-L'année 1966 fut la plus meurtrière. Le 8/1/8/1966, fut le jour où ta mère te laissa à moi. C'est aussi le jour où succomba Ypsifëara. Il avait fait usage du Pralaya. Il te faut savoir une information : cette guerre concernait tout Neverland. L'Eldar se rallia à Noldor, tandis que la Plaine combattit aux côtés d'Ypsifëara. Beren et Noldor unirent leurs forces et parvinrent à occire ton père. Deux jours plus tard, le 10/1/8/1966, un dénommé Vildrenë signa le traité de paix. Et Lyptynë devint indépendante.

Fëanor cilla et sortit son cimeterre, puis susurra :
-Il se nomme Geisteslied.
-C'était l'épée de ton père.
Une silhouette se dessina subrepticement. Le nouvel arrivant grinça :
-C'est toi? Fëanor, fils d'Ypsifëara?
-Qui es-tu?
-Je suis le Seigneur Noldor d'Araman.
-Que fais-tu ici, Noldor? requit Valinor d'un ton comminatoire.
-Viens avec moi, Fëanor.
-Et pourquoi devrais-je te suivre? Je suis très bien, ici! avec Valinor! J'adore l'Avalon ; pourquoi irai-je donc dans une région qui m'est étrangère?
-Tu n'as pas le choix. Je te laisse jusqu'à la fin de la période pour y réfléchir. Connais-tu mon passe-temps favori?
Fëanor nia. Noldor suivit :
-Les prises d'otages.
Ce fut trop pour Fëanor. Il fit tournoyer son cimeterre au-dessus de sa tête et hurla :
-PRALAYA!!!
Le Vide se forma autour d'eux. Des traînées noirâtres vinrent ceindre Noldor, qui se débattait en vain.
-Qu'est-ce que...?
-Tu vas clamser cette fois. Pour Lyptynë. Et pour mon père. Et parce que tu n'es qu'une grosse brute!!
Alors Fëanor incanta inconsciemment :
-Prabal gatser apal drafu rajil sraima!!
Noldor se courba de douleur. Le nez lui saignait. Il para avec un sortilège d'autodéfense et le Vide se dissipa.
-Ainsi c'est bien toi... Nous nous reverrons...!
Noldor se dissipa, et Valinor accourut.
-Fëanor!! Fëanor, réponds-moi. Que t'est-t-il donc passé par la tête? N'as-tu donc aucune conscience?
-Désolé, Valinor... Mais il fallait...
-Tu as usé du Pralaya en incantant du Blindaugen!! Très peu de personnes peuvent comprendre ce langage. Allez, viens ; bien que je déteste voyager de nuit, rentrons à Silverate.

C'était un souvenir étrange, à la fois bon car il avait usé d'une incantation extrêmement rare et mauvais car il avait ouï à propos des horreurs et des réalités de la guerre. C'est pourquoi Fëanor s'en rappelait, plus de mille ans après.
-Vers mes dix-huit ans, j'allais en ville vagabonder et séduire les jeunes filles qui passaient par là. Des femmes, j'en ai connu beaucoup, confia l'Autocrate à Terhali. Mais je n'en ai jamais aimé une seule autant que j'aime Necia.
-Je crois en vos dires, Seigneur Fëanor, et c'est pour ça que je ne vous ai pas dénié.
Fëanor et Terhali étaient dans le manoir de l'Autocrate, en train de discuter dans les latrines.
-Etes-vous bien, Seigneur Fëanor? Vous semblez pâle...
-Tout est bien, Terhali.
-C'est à cause d'Alanna, c'est ça?
-Je ne peux supporter ni ta franchise, ni ta vivacité d'esprit. Mais c'est l'unique raison qui m'a poussé à te laisser ta place parmi les Sages.
-Qu'allez-vous faire, présentement?
-Je ne sais pas. Il faut que je trouve un moyen d'anéantir Alanna. Elle ne pourra plus me manipuler, et ainsi je pourrai m'expliquer avec Necia.
-Alors elle va se faire virer?
-Pour ce qu'elle fichait, ce n'est pas une grosse perte! Je demanderai donc à Necia si elle accepterait de la remplacer...
-Comment allez-vous expliquer que votre duplicité provenait d'une manipulation? pensez-vous que les autres le croiront?
Par les autres, Terhali entendait Erekse et Thorin. Fëanor ne dit pas mot, et Terhali remonta et rentra chez lui. En passant, il vit le laboratoire de Rivéda, fermé à cette heure. Relativement étrange, car la boutique ouvrait à une heure et restait en général ouverte jusqu'à dix-sept heures soixante-quinze, et il n'était que deux heures. Il prit la porte de derrière, et trouva l'apothicaire assis au milieu des étagères.
-Eh bien, Rivéda?
-C'est à cette heure-ci que tu traînes, Terhali?
-Et toi? Tu prends des congés? Je n'ai pas choisi d'être si matinal ; j'étais chez Fëanor.
-Tu fréquentes ce félon?
-Juste pour l'info : Alanna ne t'aurait pas emprunté un paquet d'ingrédients supposés créer un philtre d'Oubli? Tu sais, le truc qui te fait planer pendant des heures...
-Elle s'en serait servi pour manipuler...
-Exact.
-Fëanor le sait-il?
-Mais certainement! Bien, tu devrais te dépêcher d'ouvrir boutique ; tes clients attendent. A plus tard...
--
1 -> Acronyme pour Elites Aramanéennes ; uniforme qui devint plus tard celui de l'armée de Fëalarte
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Unread post Post #28 by Hayastan » 03 March 2008, 13:37

Chapitre 26 (Je te l'avais dit...)

Marjane, Necia et l'inconnu partirent vers la villa du Roi de la Plaine, et réclamèrent une audience. Morgoth s'avança, les scruta et salua :
-Bonjour à vous. Qu'est-ce qui vous emmène donc en Avalon à une heure pareille?
-Nous voudrions avoir une petite discussion avec toi.
-Bien sûr, entrez. Eh bien, Necia, que se passe-t-il?
-Duplicité et opprobre!! hurla-t-elle sanglotant et se jetant dans les bras de Morgoth.
-Je te l'avais dit! C'est un coureur de jupons, rien d'autre.
Il la serra encore plus fort tentant en vain de la calmir. S'adressant aux deux autres :
-Et vous? Ce n'est pas avec toi que Fëanor s'amuse à jouer les infidèles, je suppose? Non, je plaisante...
-Je suis venue ici pour te demander des renseignements sur Valinor.
-Valinor? Vraiment? Asseyez-vous. Bien, que veux-tu savoir?
-Alors voilà : moi, mon frère et mon meilleur ami devons interpréter un serment, mais Arjavh nous a dit de nous focaliser sur Valinor.
-Oui, j'en ai entendu parler. Arjavh m'a tenu au courant. Il devait bien se douter que vous passeriez me voir. C'est... La reprise de l'Ame forgée?
-En effet. Alors, peux-tu nous en dire plus?
-Se baser sur Valinor, c'est reprendre ses dires durant la guerre du Cercle, avant de se faire occire par Noldor. Vous l'avez entendu, n'est-ce pas?
-Merci à toi, Sam... Morgoth, pardon.
-Ce n'est rien.
-A plus tard!! Bonne chance au gouvernement!
-Tu ne pars pas avec eux, Necia?
-Non, je préfèrerais demeurer.
-Bien...
Morgoth se leva, l'entraîna dans la cour et lui glissa :
-Je t'avais bien dit qu'il finirait par te tromper un jour ou l'autre. Hawkmoon avait raison lorsqu'il a dit que tu ne le connaissait pas.
-Je pensais... je pensais que...
-Tout n'est pas comme on se l'imagine. Le truc, c'est de créer une coupure entre ce qu'on aimerait et ce qui est vraiment. J'ai beau considérer Fëanor comme un sale type, c'est quand même grâce à lui que je peux continuer mes études.
-Comment ça?
-Il m'a mis en relation avec l'Institut de Fëalarte. Ainsi, je peux gouverner et étudier en même temps.
-Tuphologie?
-Et dracologie, évidemment. Et toi? Tu n'as pas cours?
-Et merde...
-Je te ramène? Je pense que Bedoune est assez fort pour nous deux.
-Merci à toi.

Marjane et l'inconnu flânèrent dans les rues de Morghetohr, repensant à ce qu'avait dit Morgoth sur Valinor. Le voyageur entama :
-Vous avez le Serment, vous n'avez plus qu'à trouver la bonne interprétation. Eh bien, il semblerait que tu sois assez perturbée...
-Je suis sûre qu'il est encore vivant. Tout le prouve! Mais d'un autre côté...
Marjane se tut un moment, et reprit :
-D'un autre côté, je pense que je suis en train de tomber amoureuse d'un autre...
-Qui donc? Siavash?
-Mais ça ne va pas bien? C'est mon frère!! Non... A vrai dire...
Elle ne put finir sa phrase. L'inconnu reprit :
-Que vas-tu faire, après cette histoire de Serment?
-Je n'en sais rien. Probablement... rentrer à Ispahan, et reprendre ma vie habituelle. Les cours d'informatique à l'université, les bouquins de programmation, les revues hebdomadaires de Linux, les factures à payer, le frigo à remplir, Hansi Kürsch à fond toute la journée et les voisins qui gueulent...
Tous deux éclatèrent de rire à la pensée des pauvres occupants des appartements voisins de celui de Marjane, qui devaient être soulagés de son départ temporaire.
-Le power metal est un genre de musique très mal vu en Iran. J'ai cru que ma mère allait exploser quand elle a su que j'étais fan de Blind Guardian. Forcément, elle préfère Danial(1) et Ghomayshi(1)...
-Et si tu ne pouvais pas rentrer à Ispahan?
-Comment? Que veux-tu dire?
-Si Otherland disparaissait, si le Cercle se rompait, avant que tu ne puisses y parvenir?
-Tu veux dire... Si l'on ne réussit pas à accomplir le Serment, alors Otherland sera détruit?
-Ah, ça non! Le Serment est destiné à protéger Neverland, rien d'autre.
-Et alors quel est le rapport avec Otherland?
-Ca, tu le verras très bientôt...
Marjane haussa les épaules, prit son PDA et cliqua sur "Path Of Glory(2)". L'inconnu invectiva :
-M'enfin, t'en as pas marre d'écouter que ça toute la journée??
-Si tu n'es pas content, alors tu vires.
-Ca va. Bon, alors, je nous ramène à Arjëate, ou tu te tapes le chemin à pied jusqu'en Tanelorn et essaies de te payer un bateau?
-C'est bon, ramène-nous.
-Alors accroche-toi. Au fait, te rappelles-tu la promesse que vous aviez faite?
-De chanter...
-Il n'est pas encore trop tard!
Ils se dissipèrent et retournèrent à Arjëate.
--
1 -> Chanteurs iraniens
2 -> Demons & Wizards[/quote]
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Unread post Post #29 by Hayastan » 03 March 2008, 13:38

Chapitre 27 (Une âme ignée)

Nous étions le 8/1/8/1966. Ypsifëara, le chef des armées rebelles Aramanéennes, haut responsable de l'Elarm, se dressait devant ses bataillons. Il leva son sabre et hurla :
-Et vous osez défier la puissance de Geisteslied? Bataillons, en avant!!
Ypsifëara souffla la corne et les troupes s'élancèrent. Il se replia vers Lyptynë, courut à sa demeure et enjoignit à sa femme :
-Yildanha!! Les Noldors et les Eldariens sont aux portes de la ville ; ils sont sur le point de nous envahir.
-Et que veux-tu que je fasse?
-Ne t'avise pas de me contester quel que soit le prétexte. Un bateau vient d'arriver depuis Tanelibon, au pied des Eisengebirge ; prends Fëanor et fuyez!
-Mais...
-Ne me conteste pas. Tout ira bien pour nous. Pars!!
Yildanha serra son fils dans ses bras et courut à l'autre bout de la ville, fuyant sur le chemin s'enfonçant au coeur des Eisengebirge. Un soldat la rattrapa alors qu'elle descendait le long de la grève. Elle courut vers le navire et, alors qu'elle arrivait devant le capitaine, le soldat la transperça de sa lance. Elle s'effondra, lâcha le nourrisson qu'elle maintenait contre sa poitrine. Le soldat se fut, le capitaine ramassa l'enfant, s'approcha de sa mère agonisant et requit :
-Ton enfant a-t-il un nom?
La jeune femme ahana, cracha une gerbe de sang et siffla :
-Fë... Fëanor... Je vous en supplie...
-Je saurai veiller sur lui.
Elle ferma les yeux. Son âme s'était déjà dissipée. Il ceignit l'enfant dénommé Fëanor et trouva un médaillon. Il était gravé de dessins complexes, représentant un dragon crachant les flammes et un oeil brillant juste au-dessus. Il l'ouvrit et lut, gravé dedans "l'esprit du Feu, l'âme ignée". Il le referma, monta à bord du navire et ordonna leur retour en Avalon.

Une fois rentré, il présenta Fëanor à sa femme, Cassandra. Elle l'accepta sans hésitation, attristée par l'histoire que lui conta Valinor. Il se décida à ne pas l'envoyer à l'Institut comme les autres enfants, mais à lui forger son éducation par lui-même. Lorsque Fëanor fut en âge de parler, il lui apprit les rudiments de l'enseignement : lire, écrire, compter. Il lui enseigna à propos des sciences humaines, de la littérature, de la philosophie, de la culture de Neverland. Il lui apprit le maniement de l'épée, les techniques offensives et défensives. Très vite, Fëanor développa des capacités magiques, bien au-delà des connaissances de Valinor. Il put ainsi apprendre par lui-même, sans l'aide de personne. Un jour, Valinor le surprit à fredonner un chant, assis au bord de l'Elvenab :
-Anta nitya bados, firas darkos. Eme uvanos eurga, arsape taisa...
-Que chantes-tu, Fëanor?
-Je ne sais pas. Je l'ai entendu, il y a bien longtemps.
-Sais-tu en quelle langue est cette chanson?
-Non. Mais je sais ce qu'elle signifie.
-Peux-tu me la traduire?
-Quand les heures passent, je ferme les yeux. Nous nous reverrons dans un monde lointain. C'est quoi, le nom de cette langue?
-C'est la langue ancienne de Neverland. C'est du Blindaugen.
-Tu sais le parler?
-Malheureusement non.
-Cassandra, elle sait le parler?
-Non plus.
-Alors, puisque je ne l'ai appris nulle part...
-Je n'en sais rien.
Valinor s'assit auprès de Fëanor et contempla les reflets du soleil sur la rivière.

Ypsifëara mira à Valinor d'un air sceptique, avant de lâcher d'un ton cinglant :
-Et pourquoi tu n'as pas tout dit à Fëanor?
-Je ne sais pas. Probablement pour ne pas le blesser.
-Pour ne pas le blesser? Laisse-moi rire... C'était l'un des deux enfants prédestinés à dominer et à protéger ce monde! C'est lui et Arjavh qui gardent tous les secrets ; pourquoi ne lui as-tu pas dit que c'était l'Esprit de Feu?
-Va savoir... Et pourquoi Thorin a-t-il caché à Arjavh que c'était l'Esprit de Glace?
-Et je suppose que ni l'un ni l'autre ne sont au courant à l'heure actuelle?
-Penses-tu! Et à quoi cela va-t-il leur servir, de savoir qu'ils sont les deux Gardiens de ce monde?
-Fëanor est véloce d'esprit, et Arjavh n'est pas complètement stupide, que je sache. Ils finiront tôt ou tard par le savoir, que tu le veuilles ou non.
-Je ne sais pas si c'est une bonne idée...
-Tu as toujours été là pour Fëanor, et je ne peux que te remercier de ton geste! Nonobstant, tu es bien trop protecteur à son égard. Laisse-le respirer!
-Il va se produire quelque chose. J'en suis sûr, Fëanor est en danger. Depuis que les deux autres...
-Ne t'en fais pas pour ça, on va ratisser la ville de nouveau. Après, on anticipera en fonction...
-Tes stratégies militaires ne sont pas les meilleures. Regarde où cela t'a donc mené, en 1966!!
-Crois-tu faire mieux? Qui s'est fait occire par Noldor, en 4628, hein, qui?
-Ca, c'est moi qui l'ai voulu.
-Tu es complètement insane, Valinor.
-Et cet homme qui a signé le traité de paix, Vildrenë. Tu ne sais rien de plus sur lui?
-Je sais qu'il a fondé une ville, au nord de Noldegor, du nom de Drilëa. Rien de plus.
-Il était immortel. Et réside ici, présentement, à Sraima Tejos. Il est mort peu après la naissance de son fils.
-En 4601, très récemment. Et son fils connaît très bien Fëanor...

Marchant tant bien que mal le long du Fëanagletscher, plutôt que de contourner le lac de lave, Fëanor se dressait à présent devant Drilëa, une petite ville au nord de l'Araman. Il dégaina Stormbringer, la leva en signe de reconnaissance et s'engagea dans la cité. Il se dirigea vers le cimetière, et y trouva une silhouette recroquevillée de froid sur une tombe.
-Allez, Rivéda ; tu ferais mieux de rentrer. Tu vas mourir de froid si tu restes ici.
-Que faites-vous là, Seigneur Fëanor?
-Ainsi Terhali t'a dit que ce n'était qu'une manipulation d'Alanna?
-Il m'a tout dit. Je suis navré. Je vous dois...
-Tu ne me dois rien du tout. Tu te crois encore chez Noldor? Je ne suis pas un despote.
-Bien... Rentrons.
-Cette tombe... C'était ton père, n'est-ce pas?
-Il se nommait Vildrenë. C'est lui qui a signé le traité de paix entre Lyptynë et Noldegor.
-Encore heureux que je ne dusse pas en faire autant avec Fëalarte. J'ai une bonne nouvelle : les architectes Tanelornais ont fini de réhabiliter la Glorieuse. Nous allons enfin pouvoir clamer la grandeur de notre chère Fëalarte.
-Alors, je vous suis.
Tandis qu'ils marchaient le long de la grand-route, Rivéda s'enquit :
-Et pour Alanna?
-Faut qu'on parle...
-Vous allez la massacrer?
-Façon de parler...
-Je vous reconnais bien là!
-Elle va payer pour son coup à deux gemmes et puis je vais la virer des Sages vite fait bien fait. Elle n'aura qu'à trouver du travail chez le vieux Elric.
-Vous allez l'exiler en Eldar?
-Ou en Thebân, ou en Wastelands, c'est toi qui vois.
-Seigneur Fëanor... Je vous prie de m'excuser, mais je dois aller parler au Seigneur Arjavh.
-Ah bon? Et en quel motif?
-Eh bien... pour lui dire... de passer à Fëalarte voir l'achèvement des travaux!
-Bien, alors soit, acquiesça Fëanor en souriant.
L'Autocrate repartit vers la Glorieuse, et Rivéda se téléporta à Arjëate, courant vers le palais pyramidal. Il devait à tout prix lui en parler!! Sinon...
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Unread post Post #30 by Hayastan » 03 March 2008, 13:38

Chapitre 28 (Le rituel prohibé)

Rivéda courut le long des couloirs, et se heurta à une jeune femme qui allait dans la direction opposée.
-Excusez-moi, madame.
-Et en plus je dois voir Arjavh!!
-Cela tombe bien, je m'y rendais également.
-Qu'avez-vous fait? Qui êtes-vous?
-Je me nomme Rivéda, guérisseur à Fëalarte, au service du Seigneur Fëanor.
-Adsartha. Enchantée, je suis Enchanteresse. J'étais au service de Beren.
-Tu vis en Eldar?
-C'est cela même.
-Ca ne doit pas être marrant tous les jours. Pour en revenir à votre question, il se trouve que j'ai pratiqué l'un des rituels interdits par la Constitution de Neverland.
-Non... Ce rituel...? Et pourquoi n'en parlez-vous pas à Fëanor?
-Il pourrait m'occire s'il en venait à l'apprendre!! N'oubliez pas quelles étaient ses relations avec...
-Il finira bien par le savoir, si le rituel est bon.
-Excusez-moi, mais ça fait un moment que je vous observe et... QUE FOUTEZ-VOUS EN CES LIEUX?? tonna une voix.
-Et en prime on se fait tancer, soupira Rivéda. Bonjour à vous, Seigneur Arjavh. Nous souhaiterions vous voir car nous avons...
-... pratiqué le rituel prohibé?? grinça l'autocrate Erfonien. Bien, suivez-moi dans la salle de réunion.
Arjavh les conduisit à travers les corridors, les fit s'asseoir, se posta à l'autre bout de la table et entama :
-Vous savez parfaitement que, si nous avions nommé ce rite le "rituel prohibé", Fëanor et moi, c'est justement parce qu'il est strictement interdit de l'exécuter!!
-Je vous prie de garder vos invectives, rétorqua Adsartha.
-Ce n'est pas nous... Bien sûr que j'aurais préféré le laisser à sa place!! Nonobstant... C'est comme si... comme si j'étais attiré par une puissance supérieure... Comme si je fusse manipulé...
-Un peu comme Fëanor avec Alanna?
-Exactement!
-C'est quoi, cette histoire? Fëanor s'est enfin trouvé une femme?
-Pas exactement...
-Eh bien vous savez ce qu'il vous reste à faire...
Rivéda et Adsartha dénièrent. Arjavh reprit, d'un oeil comminatoire :
-En parler à Fëanor!! Tout de suite!!
-Mais... S'il en venait à l'apprendre...
-Si vous préférez, je vous expédie à Sraima Tejos, et vous vous débrouillez avec Ypsifëara...
-Qui ça??
-Son paternel. Et je peux vous dire qu'il n'est pas commode...
-Mais seul vous et Fëanor pouvez y accéder!
-Erekosë y est bien allé, lui.
-Et il est devenu barje!! lança Rivéda.
-Ne parle pas de mon frère aîné ainsi, veux-tu? Alors, suivit Arjavh en appuyant sur chaque syllabe, ou bien vous allez voir Fëanor qui va vous tancer et vous couvrir d'invectives jusqu'à ce que vous le suppliez à genoux et en chialant comme des mômes, ou bien vous allez à Sraima Tejos parler à Ypsifëara qui lui, ne se contentera pas de vous tirer les oreilles.
Rivéda et Adsartha se concertèrent et clamèrent à Arjavh :
-C'est bon, va pour la réprimande chez le fanfaron infatué.
Arjavh leur proposa de les envoyer par bateau à Fëalarte, et ainsi les conduisit au port.

Rivéda guida Adsartha à travers l'étendue du frimas. Le port n'était qu'à quelques mètres de la périphérie de la ville. Fëalarte, la Glorieuse, se dressait devant leurs yeux, offrant un magnifique spectacle. La cité avait été entièrement rénovée. Les remparts de fer entourant la ville avaient été détruits, laissant apparaître les hautes tours de la banlieue. Se dressant dans des tons rubiconds, noirs et turquoises, les couleurs de Fëalarte, les cinq barres des habitats précaires, qui eurent rappelé aux Otherlanders les cités de banlieue des grandes villes, et les autres tours formant la périphérie sud de la ville, avaient été entièrement reconstruites. Au nord-est, s'étendait l'Institut, et la résidence pour les étudiants de l'alma mater(1). Au nord-ouest, c'était le quartier résidentiel, avec les maisons de la bourgeoisie et des riches entrepreneurs. Tout à fait au nord se dressait la résidence de Fëanor, l'Autocrate Altier. A mesure que l'on se rapprochait du centre, les cinq grandes artères de la ville étaient longées par des boutiques et des industries diverses, avec les habitations au premier étage, là où dormaient les propriétaires des magasins et des entreprises. Dans l'hypercentre de la ville se dressait la Place de 1966, érigée en commémoration des horreurs de la Guerre, et une immense stèle relatant les noms des personnes y ayant succombé. C'était au bord de cette place que se trouvait le laboratoire de Rivéda. Dans l'hypercentre se tenait aussi un grand immeuble, servant de QG pour les Sages et pour les secteurs dont ils avaient la charge.
-C'est ça, Fëalarte? siffla Adsartha.
-Ouah! Si j'avais su que ça ressemblerait à cela, j'aurais reconsidéré les dires de Fëanor!
-Que veux-tu dire?
-On l'a beaucoup contesté. Le projet était très coûteux, et il se plaint toujours que l'on dilapide un peu trop l'argent de l'Etat.
-C'est vraiment différent de Noldegor... La dernière fois que je suis venue ici, pour le Grand Conseil, c'était bien plus hideux d'apparence, avec vos bâtisses en métal. Mais Eldigon...
-Ouais, Eldigon est une ville faite entièrement de crystal, qui fut bâtie grâce aux Mages qui usèrent de la magie pour tout mettre en place. Mais faut bien admettre que notre chère Fëalarte a elle aussi de la gueule!
-Où donc habite Fëanor?
-Par là, suis-moi.
Rivéda la conduisit jusqu'à l'imposant manoir, d'où surgissait une haute tour d'acier depuis le patio central.
-Eh! Il a fait repeindre toute la tour!! Je vois qu'il y en a qui se privent pas...
Les portes s'ouvrirent et Fëanor vint à eux. Les mirant, il susurra :
-Je ne sais pas ce que vous trafiquez, tous deux, mais quelque chose me dit que vous allez indubitablement avoir des emmerdes, je me trompe?
-C'est pas vrai, comment peut-il... commença Adsartha.
-Comment puis-je? Je t'en prie, continue. A moins que tu n'aies quelque chose à cacher ; le cas échéant j'irai donc demander le motif de votre venue à Arjavh.
-Comment savez-vous que l'on revient d'Arjëate?
-Premièrement, tu m'as dit que tu allais voir Arjavh. Deuxièmement, je vous ai vus arriver, et je sais parfaitement quel navire part et vient d'où. Et troisièmement, tu viens de le dire toi-même. Ne me conteste pas, Rivéda ; c'est ce que je t'ai fait jurer lorsque tu as déclaré te dévouer à moi. Remémores donc ton serment. Tous les Sages l'ont prêté lors de la fondation de Fëalarte. Alors? Qu'avez-vous donc fait d'aussi grave?
-Comment pouvez-vous savoir que c'est grave?
-Valinor prenait toujours cet air-là lorsqu'il m'annonçait quelque chose de la plus haute importance.
-Comment pouvez-vous ainsi nous comparer à Valinor?
-Si tu as quelque chose contre lui, tu auras affaire à Stormbringer et Geisteslied, je pense que tu les as déjà connues...
-Stormbringer, c'est vous qui l'avez forgée, cracha Adsartha. Mais Geisteslied...
-C'était le cimeterre appartenant à mon père, Ypsifëara.
-Je comprends tout, maintenant. Beren m'avait conté cette histoire... La guerre de 1966. Ypsifëara qui meurt au champ de bataille, anéanti par son propre pouvoir.
-Billevesées!! Le Pralaya est infrangible!
-Ca, c'est pas ce qu'a dit Beren... Il m'a parlé de sa femme, Yildanha, qui a fui avec son fils, Fëanor, qu'elle a confié au capitaine Valinor qui venait là afin d'aider les réfugiés de Lyptynë.
-Beren est mort, et il était aliéné.
-De par votre faute.
-Je l'ai entraîné dans de faux serments car je savais parfaitement qu'il n'allait pas les tenir!! Et c'est ainsi que je le soumis au Pralaya.
-Vous en avez profité car Noldor n'était pas là!!
-Et au lieu de me rabâcher mes erreurs passées, vous n'aviez pas quelque chose à me dire? Je te connais, Adsartha ; tu tentes en vain de faire oublier le motif de ta visite lorsque tu as commis une faute grave. Allez, confessez, qu'on en finisse.
Rivéda bredouilla des explications inaudibles. Fëanor se pencha et, ses yeux virant brusquement du gris au pourpre, invectiva :
-Le rituel prohibé?? Mais pourquoi l'a-t-on appelé ainsi, Arjavh et moi?? Sûrement pas pour que deux tire-au-flanc s'amusent à l'exécuter!! N'avez-vous donc aucune conscience? Savez-vous quel est le sacrifice véridique? Savez-vous qu'il est extrêmement dangereux de ramener des morts à la vie? Pensez-vous que, si ce rituel était autorisé, je n'aurais pas eu l'idée de ramener Valinor parmi nous?? Vous n'êtes rien, seulement des âmes vides, sans aucune conscience!! Vous vous laissez dominer et exploiter, sans jamais réfléchir par vous-mêmes!! Et vous savez où je vais vous envoyer, moi? Remémorez-le bien : le Vacuum c'est le Vide, le Vide c'est le Néant, le Néant c'est l'Oubli. Telle est la devise de la dynastie d'Ypsifëara, et vous allez pouvoir l'exploiter dans toute sa plénitude...
Fëanor leva Stormbringer et clama :
-Pra...
-Shunya!! hurla une voix. Juste à temps.
Le Vide se forma autour d'eux, les entraînant dans une sorte de trou noir.
-Laisse-moi, Arjavh.
-Tu allais encore faire une connerie, Fëanor. Ne les blâme pas. Je sais que c'est dur à accepter, mais...
-Ils n'ont aucune conscience!! Ce sont des imbéciles, rien d'autre! Et le rituel était-il correct?
-Je pense, oui. Mais c'est un processus bien long...
-Ceci est bien différent du Pralaya ; d'habitude, je repose en l'air mais je sens le contact du sol sous mes pieds.
-C'est-à-dire?
-RAMENE-NOUS A FËALARTE, ESPECE DE DEGENERE, J'AI PEUR DU VIDE!!!!
-Quel pusillanime vous faites, seigneur Fëanor. Cela vous apprendra donc à la bailler belle à Necia...
-JE VOUS AI ORDONNE DE M'EXTIRPER DE LA!!!
-Pas la peine d'hurler...
Arjavh siffla et Fëalarte se dessina autour d'eux.
-J'ignorais que tu pusses éprouver de l'effroi.
-Je voudrais savoir, reprit Fëanor d'un ton solennel, comment deux incapables tels que vous aient pu exécuter un tel rituel?
-Deux incapables?
-Oui, deux incapables!! Rivéda, tout le monde te traite de chien, bon à suivre les ordres. Adsartha, tu n'étais que la boniche à Beren, et là tu n'as plus aucune utilité à ce monde!
-Mesurez-vous le sens de vos paroles, Seigneur Fëanor?
-Je suis bien conscient que je vous traîne dans la fange. Mais si l'on ne dit pas les choses telles qu'elles doivent être dites, si l'on se cache derrière de faux-semblants, alors comment voulez-vous créer de l'impact sur leurs âmes?
-Tu sais parler, Fëanor ; tout le monde sait ça. Et à présent, que vas-tu faire?
-Rivéda, emmène-moi à l'endroit où tu as exécuté le rite.
-Mais... Ne pensez-vous pas...
-J'ai dit : Rivéda, emmène-moi à l'endroit où tu as exécuté le rite.

Rivéda les mena tous à Lyptynë, au travers de l'aquilon qui soufflait violemment sur la plaine enneigée.
-Dis-moi, mon petit Fëanor, tu ne voudrais pas que je fasse construire un tramway à travers tout l'Araman? s'enquit Arjavh.
-Un tramway? Tu me prends pour qui? Est-ce que je suis du genre à dilapider l'argent par les fenêtres? Et je ne suis pas petit!!
Bien qu'il avait, matériellement, six ans de moins qu'Arjavh, Fëanor le dépassait d'une bonne tête. Tous acquiescèrent, et Rivéda se permit :
-Non, juste pour sa gueule... Voilà, c'est là.
-Un cercle fëanorien, constata l'Autocrate. Rivéda, tu as usé de ma puissance intérieure pour...
-Puisque je vous dis que j'ai été manipulé!! Je ne sais même pas ce qu'est un cercle fëanorien, je ne sais pas le tracer, et je ne sais même pas incanter!!
-En effet, tu n'es bon qu'à fournir des remèdes à la populace.
Fëanor se pencha, analysa le cercle et expectora sur le sol, puis grinça :
-Manquait plus que ça...
-Quoi? Qu'avez-vous découvert?
-Evidemment, cela ne pouvait pas tomber plus mal!! Comme si je n'avais pas suffisamment d'emmerdes comme ça...
-Mais de quoi parlez-vous?
-En effet, s'il avait utilisé l'autre méthode... constata Arjavh. Mais là, t'es vraiment mal barré, Fëanor.
-Je vais le massacrer... Dès qu'il va se pointer, il va se faire immoler!!
-M'enfin, expliquez-vous!!
-Je n'ai rien à expliquer. Rivéda, en tant que vice-autocrate, tu assureras la régence?
-Non... Mais de quoi... C'est quoi, ce merdier?? Seigneur Fëanor, revenez!!
-Vous avez un de ces accents(2)... critiqua Adsartha. Qu'a-t-il voulu dire par "tu assureras la régence?".
-Je n'en sais rien. Rien de bon, en tout cas.
--
1 -> Université, enseignement supérieur en Neverland
2 -> L'accent Aramanéen est caractérisé par une prononciation légèrement différente de celle des autres régions : ils prononcent le ë comme un e normal et le n final. Ainsi, Fëanor se prononcera [féanor] en Araman et [fèynor] dans le reste de Neverland ; de même, Lyptynë se prononcera [liptiné] en Araman et [liptin] dans les autres régions.
Dovahkiin, dovahkiin, nal ok zin los vahrin
Wah dein vokul, mahfaeraat ast vaal
Ahrk fin norok paal graan
Vod nust hon zindro zan
Dovahkiin, vah din, kogaan mu draal!
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